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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:21

Comment en sommes nous arrivés à l’apiculture ?

Rien ne nous destinait a priori à nouer relation avec ces petites créatures au dard acéré.

Seulement une habitude remontant à la première grossesse : remplacer le sucre par du miel dans le thé, tisanes…

Et puis cette croyance ou réalité objective : nuls rhume, grippe et autres sympathiques affections hivernales depuis… 20 ans !

article-2 1255En juillet 2003, nous arrivons à la Huberdière. Nous y sommes précédés de quelques semaines par nos deux ânes, Ouaka et Olive.










article-2 1691En 2004, nous nous acoquinons avec une demi-douzaine de gélines de Touraine pour en consommer les œufs frais.











article-2 1444Très vite, le potager prend forme et nous nous nourrissons des légumes qu’il produit.
















Un jour, Henri déclare : « puisque tu manges 12 kg de miel par an à toi seule, je vais te faire ton miel ».

Quelques mois plus tard, nous rencontrons à une fête amicale un apiculteur du village. Une vieille passion qui rencontre une future nouvelle passion et le tour est joué. Jacky nous fournit le premier essaim. Lors d’une virée spéciale, nous nous équipons de tout le nécessaire pour la ruche et pour nous-mêmes. De vrais écoliers qui entrent au C.P. et qui choisissent leurs premiers cartables, trousses et autres fournitures.

article-2 0449Nous choisissons d’installer cette première colonie dans une clairière de notre  bois mais nous constatons très vite que l’ensoleillement fait défaut aux heures encore fraîches du printemps. Plus tard, l’emplacement définitif sera mieux exposé.






Nous apprenons très vite qu’il n’est pas possible d’avoir une seule ruche, un malheur est très vite arrivé et c’est difficile de repartir.

Aussitôt fait ce constat, un autre apiculteur nous fournit un essaim échappé de ses ruches.

DSC06363Ce sont des blondinettes de la race Apis mellifera ligustica appelées aussi abeilles italiennes














DSC06375alors que l’autre colonie est constituée d’abeilles grises locales  Apis mellifera mellifera appelées aussi abeilles noires.








Plus tard, le métissage, nous donnera des abeilles bariolées que nous surnommons « les clowns ». Aujourd’hui, c’est très nettement la race locale grise qui prédomine dans le rucher et c’est celle que l’on souhaite privilégier maintenant.

Tout au long de 2005, avec l’aide attentive de notre ami Prof es api,  nous découvrons étape par étape les premiers gestes à maîtriser : allumer l’enfumoir ( et que ça fume longtemps !) , ouvrir une ruche, sortir les cadres, les observer, … et surtout décider à chaque fois du geste à faire ou ne pas faire.

DSCN6755Subrepticement, nous nous intéressons, lisons, questionnons et observons au quotidien  ce qu’il se passe au trou de vol.









Bien à l’abri dans notre combinaison genre scaphandrier, Henri passe à la pratique sous l’œil attentif de Jacky. Pour ma part, je   me contente d’observer et de me faire à l’idée que je peux être au milieu du nuage d’abeilles sans me faire dévorer.

Très vite, nous mesurons comme il est important que nos gestes soient tranquilles, conscients et  sans à-coup. Nous  devons nous-mêmes être calmes et sereins pour ne pas commettre trop d’impairs et déclencher la furie de nos protégées.

Bientôt, nous lâchons la main de notre maître pour les gestes de base. Nous allons fréquenter le rucher école pour étendre notre champ de connaissances et de pratique. Nous y rencontrons des apiculteurs très confirmés et apprenons beaucoup d’eux.

Nous sommes au stade, où, conscients de notre incompétence, nous constatons que chaque situation observée au pied de la ruche appelle une décision rapide, réfléchie et efficace.
DSCN6774
Nous avons l’impression de travailler « sans filet » car on ne sait que longtemps après si la décision prise était  la bonne. C’est à la fois angoissant et exaltant.  Tout cela n’est pas sans me rappeler certaines situations d’urgence  rencontrées dans ma pratique d'infirmière.

Bon an, mal an, nous nous occupons de notre mieux de ces deux premières colonies. A chaque intervention, nous sommes parcourus par la peur horrible d’écraser la reine, de la coincer entre deux cadres et de blesser son précieux abdomen, de la faire tomber par terre sans nous en apercevoir… Et c’est arrivé,  une fois la ruche refermée, d’apercevoir la reine rampant au sol, se demandant bien ce qu’elle faisait là.

Car c’est toute une éducation de la vue que demande ce travail. : reconnaître la reine parmi des milliers d’abeilles, m’a demandé beaucoup de temps. Combien de fois ai-je demandé à Henri : « celle-ci, par terre, n’est pas comme les autres ? » Et Henri cette terrible fois de me répondre : « M…., c’est la reine !! ».
DSCN6778 cercle rognée                 (photo de Christian qui nous assistait ce jour là)

Et de renfiler la malheureuse vite fait, bien fait dans sa maison avec les  ouvrières, déjà à sa recherche. Tenir cette reine dans nos doigts grossièrement gantés de cuir épais et raide, quelle émotion !

Nos visites au rucher sont pluri-quotidiennes. Nous ne nous lassons pas de les regarder aller et venir et de chercher à qualifier leur activité : faible, normale, intense, avec rentrée de pollen….La plupart des interventions sont plus faciles à faire à deux : à condition toutefois de bien se coordonner et de s’accorder sur la conduite à tenir. Bon test  pour le tandem que nous formons à la ville comme au rucher !

article-2 1698J’oublie de plus en plus ma phobie des piqûres. Nous nous sommes beaucoup protégés dans nos débuts au risque de cuire sous nos vêtements afin d ‘éviter tout stress à ce sujet. Plus tard, nous deviendrons plus imprudents et elles ne nous rateront pas ! Mais c’est fait, le virus de l’apiculture est inoculé en chacun de nous deux : nous en rêvons la nuit, le petit déjeuner devient le temps du briefing apicole et le dîner le temps du débriefing. Tous les mardis, nous faisons le point avec notre ami Prof es api.

Viendra le temps de la première récolte. La météo n’a pas été très favorable en ce premier printemps-été. La pluie a délavé les fleurs des châtaigniers et il fait froid. Quand pourrons-nous récolter ? Va-t-il y avoir du miel dans les hausses ? Combien faut-il prévoir de pots ?

Le jour J arrive : avec moultes précautions nous sortons les cadres recelant le miel et les portons à extraire chez notre ami Prof es api. Le précieux nectar finit par couler. Nous éprouvons ce curieux sentiment qui nous habite encore souvent, mélange de fierté et d’humilité  devant ce miel, fruit du travail colossal et organisé  de  ces  petits organismes vivants. 

article-2 0168Avec nos 5 kilos de miel sous le bras,  nous sommes pressés de rentrer à la maison pour rendre grâce à celles qui l’ont produit.









Comme les Indiens le font, nous les remercions de ce qu’elles nous ont donné. Mais c’est sans compter sur la susceptibilité de n’importe quelle maîtresse de maison qui vient de se faire dévaliser ses placards de confitures ! Résultat : à peine remerciées, les gardiennes de la ruche passent à l’attaque. Nous fuyons à toutes jambes mais elles nous rattrapent. Henri est piqué sur le crâne (là où c’est un peu dégarni…) et moi aux cuisses (là où c’est  un peu plus chaud…). Pendant les 3 jours qui suivent, elles ne seront pas à prendre avec des pincettes. Chiennes, ânes et autres curieux y auront  droit à 10 mètres à la ronde !

Mais plus rien ne pourra plus jamais nous dépiter : récupération de nouveaux essaims chez nous et chez d’autres, la famille bzz bzz s’agrandit inexorablement. En 2006, nous nous équipons du matériel d’extraction et de stockage.

article-2 1644En 2008, un nouveau rucher verra le jour dans la vallée de la Dême.














Et aujourd’hui…aujourd’hui ? Pardonnez- nous, nous devons vous quitter pour aller …peser les abeilles !

À bientôt sur     http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/

Marie-France

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html ) 

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Published by Marie-France
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commentaires

pelletier 05/02/2010 17:15


Salut à la clinique bzz bzz ! Mais quelle clinique !....Des infirmières qui font leurs piqûres n'importe où...sur n'importe qui....qui font fuir les visiteurs. Ce ne sont pas des seringues qu'elles
ont, mais des mitraillettes. Ceci dit, bravo pour ce blog très intéressant. Bisous. Paulette


Marie-France et Henri 05/02/2010 21:24


Merci Paulette,
Nous vous embrassons bien.
Marie-France et Henri


mc colisson 04/02/2010 13:52


La technique et la précision n'empêchent pas la poésie. C'est un vrai bonheur de lire le texte plein d'humour et de saveur, et de se régaler des photos. Merci à vous deux de nous faire partager
votre passion et un peu de vos découvertes.MC


Marie-France et Henri 04/02/2010 14:28


Merci beaucoup Marie-Claire


marie-line 03/02/2010 13:47


Ouf ! je vais m'endormir un peu moins bête ce soir. Mais faut des yeux de chats !


marie-line 03/02/2010 11:44


c'est vraiment trop bien ! Un article technique d'Henri suivi d'un article de la vie quotidienne de Marie-France, ça se complète vraiment bien. juste une question: "mais comment diable faites-vous
pour reconnaître la reine?"
j'ai beau regarder....c'est un métier quoi !
en tout cas toutes mes félicitations! je vous suivrai avec in immense plaisir.
votre amie
mline


Marie-France et Henri 03/02/2010 13:16


Merci mline pour ton commentaire,

L'abdomen de la reine est plus long que celui des ouvrières et a des couleurs un peu plus vives (liées à l'abdomen tendu et aux poils qu'elle a perdus en restant au contact des autres dans la
ruche?). Ces quelques différences sont moins marquées quand il s'agit d'une jeune reine et encore moins quand elle n'a pas encore été fécondée. Elle se tient aussi un peu différemment sur ses
pattes. J'ai du mal à mettre en mots ce qui fait que nos yeux (et notre cerveau) arrivent de mieux en mieux à la repérer. C'est un peu comme les cueilleurs de champignons qui, par l'expérience,
repèrent plus facilement ceux qu'ils recherchent.
Bise
Henri



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