J’ai profité que l’essaim du 6ième sens de Marie-France (voir article précédent) était facile d’accès pour faire une petite vidéo des éclaireuses dansant en rond pour inviter le groupe à aller vers la destination qu’elles avaient trouvée.
Essayez de repérer dans ce millier d’abeilles celles qui dansent en faisant des cercles et qui marquent des pauses pour frétiller de tout leur corps :
Les butineuses font de la même façon pour indiquer aux autres abeilles une source d’approvisionnement et les inciter à y aller.
Cette danse fait l’objet de nombreuses descriptions sur Internet, dans des sites et des blogs, ainsi que dans des documentaires comme « Des abeilles et des hommes ».
Voir par exemple :
Notre essaim est donc perché sur la pergola à moins de 100 mètres du rucher.
Il est dans sa phase de regroupement et d’attente avant de rejoindre un lieu définitif d’installation. Par leurs danses, les éclaireuses indiquent les différents lieux qu’elles ont trouvés. Ces lieux vont être visités et étudiés par d’autres abeilles qui reviendront donner leur avis. Par l’intensité des danses et la multiplication de celles-ci vers le même lieu, les abeilles vont ainsi choisir « démocratiquement » la destination finale du groupe.
Il ne repartira que lorsqu’une majorité se dégagera car il est vital que tout le groupe reste uni avec sa reine (ou sa « mère » comme diraient les Anglais pour qui le mot « reine » est réservé à quelqu’un d’autre, ce qui évite un anthropomorphisme politique inutile entre royauté, démocratie et abeilles).
Lorsque l’essaim repartira, les éclaireuses continueront d’indiquer la direction à suivre en le traversant comme des flèches, alors qu’il vole en tournoyant.
C’est vraiment magnifique d’observer un essaim en vol qui n’a pas besoin de contrôleurs aériens pour éviter les collisions entre ces milliers d’abeilles, volant si vite et si proches les unes des autres.
En vidéo :
Car, bien que la patronne le surveille avec le martinet à la main, la reine ne veut pas rester dans la ruchette et tout le monde va remonter sur la pergola : c’est un essaim secondaire, il est petit et c’est une jeune reine qui vole donc facilement.
Après une nuit fraîche, la fièvre d’essaimage est retombée et le lendemain matin nous l’avons cueilli plus facilement.
Après un séjour au rucher de la vallée de la Dême pour faire recaler les GPS, vérifier que la reine était bien fécondée et qu’elle avait démarré sa ponte, nous l’avons ramené au rucher de la Huberdière, près de sa ruche d’origine.
La ruche d’origine ayant donc essaimé plusieurs fois, je crains qu’elle ne finisse orpheline.
Aussi, après avoir constaté qu’elle n’avait toujours pas de couvain plus de deux semaines après le dernier essaimage, j’ai prélevé un cadre de couvain ouvert sur la « Buckfast » forte pour lui donner une chance d’élever une autre reine avant de tomber bourdonneuse.
Et maintenant, les châtaigniers fleurissent et le beau temps revient : cela va faire du bien aux abeilles, aux apiculteurs et aux vacanciers !
Bel été à vous tous … ou bel hiver pour nos lecteurs de l’hémisphère sud.
Merci de votre attention, et … à bientôt sur :
Henri