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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 11:33

Certes les jours rallongent, le printemps approche et nous avons bien envie de laisser derrière nous  tisanes et charentaises.

Mais le temps des sorbets  n’est pas pour tout de suite et les petits thés au coin du feu avec les copines sont encore les bienvenus. La neige n’est d’ailleurs pas encore toute fondue dans le grand nord tourangeau !

Pour vous aider à patienter et à  contenter votre gourmandise , je vous partage une recette de petits sablés qui régaleront aussi bien les grands pour le  « tea-time » que les petits au goûter.

Peut-être vous souvenez- vous de ces boîtes en fer blanc,  au couvercle décoré de scènes dignes de celles des calendriers des Postes… J’espère que vous en retrouverez une dans vos greniers, elle vous sera précieuse pour conserver ces petits sablés et retomber un peu en enfance…

 BLOG401

Mais tout d’abord il va vous falloir pâtisser, suivez- moi à la cuisine.

Temps de préparation et de cuisson : 1 heure.

Pour environ 50 sablés, il vous faudra :

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        - 200g  de farine

        - 50g de poudre d’amandes

        - 70g de miel de forêt (de la Hub’ bien sûr !)

        - 125g de beurre ramolli (mais pas fondu)

        - 1 sachet de sucre vanillé

        - 1 pincée de sel.

        - 1 jaune d’œuf


- Pétrir la pâte à la main ou dans le pétrin de votre robot en introduisant dans l’ordre : farine, poudre d’amandes, sucre vanillé, sel, beurre ramolli en petites noisettes,  miel. Bien amalgamer tous ces ingrédients et ajouter le jaune d’œuf.  

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 - Former une boule de pâte bien lisse qui ne colle plus aux doigts  (comme une pâte à tarte).

BLOG403suite
- Préchauffer votre four à 150°C environ

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- Fariner votre plan de travail, le rouleau à pâtisserie et étendre la pâte sur l’épaisseur que vous souhaitez pour vos petits fours.

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- Découpez à l’emporte-pièce ou avec un verre retourné les petits gâteaux et les placer sur la tôle du four garnie d’un papier sulfurisé.

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- Enfourner et laisser cuire environ 15mn  (surveiller, ça roussit vite !)

- Les retirer du four délicatement et les laisser refroidir sur une grille.

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- Reformer la boule avec la pâte qui reste et renouveler l’opération jusqu'au bout de celle-ci. Vous aurez de quoi garnir une seconde fois votre tôle à pâtisserie.

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- Renouveler l’opération de cuisson.

 

Quand ils seront tous refroidis, les placer dans la fameuse boîte en fer où ils se conserveront parfaitement.

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C’est sympa l’hiver quand même !

À bientôt de vous retrouver sur

 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

Marie-France

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html ) 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:00

Je vous rassure, nous ne pesons pas les abeilles une par une : nous pesons les ruches.

On l’a vu précédemment : l’hiver, il est hors de question d’ouvrir une ruche. Alors, pour connaître l’état des réserves de chaque colonie, nous pesons les ruches.

Comme une ruche bien garnie peut peser plus de 45 kg, pour ne pas me faire plus mal au dos je ne fais qu’une « pesée arrière ».

article-3-et-suivants 0165
Je glisse une corde sous l’arrière de la ruche (si possible toujours au même endroit à environ 1cm du bord) et je soulève doucement jusqu’à ce que la ruche décolle un peu.

article-3-et-suivants 0166
Marie-France lit alors l’indication donnée par le peson en se mettant à sa hauteur et la note.

article-3-et-suivants 0169
Pour connaître le poids total de la ruche, par simplification, certains disent qu’il suffit de multiplier le poids trouvé par 2.

D’autres disent qu’il faut faire une « pesée arrière » et une « pesée avant » puis additionner les deux nombres pour obtenir le poids total de la ruche.

Comme je n’ai pas envie de déranger deux fois les abeilles ni de faire des exercices de musculation supplémentaires, je me suis fait un tableau de correspondance à partir d’une ruche vide lestée de différents poids.

Avec mon matériel, mon peson et un peu d’approximation linéaire j’obtiens :

 

pesée arrière

poids réel

- poids vide

= poids utile

9

17

17

0

 

 

 

 

13

23

17

6

14

25

17

8

15

27

17

10

16

29

17

12

17

31

17

14

18

32

17

15

19

34

17

17

20

36

17

19

21

38

17

21

22

40

17

23

23

41

17

24

24

43

17

26

25

45

17

28

Poids utile = abeilles + couvain + réserves

Cela reste très approximatif mais suffisant pour connaître l’évolution de l’état des réserves, savoir s’il y a un risque de famine et apprécier l’activité de la colonie.

Ainsi, il est dit qu’en hiver, il faut penser à apporter un complément de nourriture en dessous de 17 kg (en pesée arrière), le risque de famine se situant en dessous de 15 kg (en pesée arrière) : à moduler suivant la proximité ou non des premières floraisons.

C'est aussi à relativiser au cas par cas. Les abeilles ont une capacité de survie exceptionnelle : on a déjà vu de toutes petites colonies avec peu de réserves passer l'hiver et être des plus productives la saison suivante.

Pour revenir à la ruche que nous venons de peser :

article-3-et-suivants 0169cercle

Marie-France a lu : 19 kg en pesée arrière ce qui correspondrait à un poids total de l’ordre de 34 kg soit un poids utile de 17 kg pour les abeilles, leur couvain et leurs réserves, il n’y a donc pas lieu de lui apporter de complément de nourriture.

Le 30/11/2009 elle arrière-pesait 21 kg soit 21 kg de réserves.

Le 18/01/2010 elle arrière-pesait 20 kg soit 19 kg de réserves, donc 2kg ont été consommés en 49 jours.

Le 31/01/2010 elle arrière-pesait 19 kg soit 17 kg de réserves, donc 2kg ont été consommés en 13 jours.

Il a fait très froid en janvier mais la consommation s’est aussi accélérée avec la reprise de la ponte de la reine et de l’élevage de jeunes larves : elle a donc une bonne activité.

Et comme en février, le froid et la neige sont de retour :

article-3-et-suivants 0198
c’est en mars qu’il faudra être le plus vigilant, car les besoins en nourriture vont encore s’amplifier suivant la météo du moment.

Il est aussi possible de faire comme certains apiculteurs qui pèsent en soulevant chacun des côtés (par la poignée) et qui additionnent les deux chiffres obtenus.

Au lieu de mon peson à trois sous, il existe des pesons électroniques plus précis (mais plus chers !).

Le fin du fin pour les amateurs de technologie, ce sont des balances à placer sous les ruches. Elles transmettent les pesées en temps réel par GSM, sans avoir à se déplacer au rucher.

balancerognée

Ce système serait particulièrement utilisé par les apiculteurs qui transhument leurs ruches loin de chez eux.

Ils peuvent ainsi suivre le remplissage des hausses et savoir quand il faut aller faire la récolte.

Voir par exemple : http://www.bienenwaage.de/html/body_balance.html

Nous n’en sommes pas là ! (Si, si Richard : nous sommes encore capables de nous raisonner dans notre expansion !)

Bien sûr, lors des pesées, il s’agit d’éviter toute brusquerie.

Sinon : il n’y a plus qu’à fuir, de préférence en sous-bois (sans courir et sans grands gestes : çà, c’est la théorie !) :


article-3-et-suivants 0172
A part celles qui sont agrippées à nos cheveux, nos abeilles européennes abandonnent vite la poursuite après quelques mètres.

Ce n’est pas le cas des abeilles africaines qui sont capables de poursuivre un intrus sur plusieurs kilomètres et même d’attendre au-dessus de lui s’il plonge dans l’eau.

Voir, par exemple, à ce sujet :

http://www.dinosoria.com/abeille.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abeille_tueuse

http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/zoologie-1/d/labeille-sentinelle-ecologique_684/c3/221/p10/

Elles tuent, chaque année, des dizaines de personnes aux Etats-Unis.

Soyez tranquilles : elles n’ont pas encore été signalées en Europe !

Elles ont inspiré Roch DOMEREGO et Christian BLANCHARD qui ont écrit une fiction politico-écolo-romantique  « LA REINE AFRICAINE » édition JC Lattès.

Ce roman, agréable à lire, fourmille d’informations intéressantes sur la vie des abeilles, la vie des apiculteurs et leurs problèmes.

 

Bonne lecture et …

… à bientôt sur                http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html ) 

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:21

Comment en sommes nous arrivés à l’apiculture ?

Rien ne nous destinait a priori à nouer relation avec ces petites créatures au dard acéré.

Seulement une habitude remontant à la première grossesse : remplacer le sucre par du miel dans le thé, tisanes…

Et puis cette croyance ou réalité objective : nuls rhume, grippe et autres sympathiques affections hivernales depuis… 20 ans !

article-2 1255En juillet 2003, nous arrivons à la Huberdière. Nous y sommes précédés de quelques semaines par nos deux ânes, Ouaka et Olive.










article-2 1691En 2004, nous nous acoquinons avec une demi-douzaine de gélines de Touraine pour en consommer les œufs frais.











article-2 1444Très vite, le potager prend forme et nous nous nourrissons des légumes qu’il produit.
















Un jour, Henri déclare : « puisque tu manges 12 kg de miel par an à toi seule, je vais te faire ton miel ».

Quelques mois plus tard, nous rencontrons à une fête amicale un apiculteur du village. Une vieille passion qui rencontre une future nouvelle passion et le tour est joué. Jacky nous fournit le premier essaim. Lors d’une virée spéciale, nous nous équipons de tout le nécessaire pour la ruche et pour nous-mêmes. De vrais écoliers qui entrent au C.P. et qui choisissent leurs premiers cartables, trousses et autres fournitures.

article-2 0449Nous choisissons d’installer cette première colonie dans une clairière de notre  bois mais nous constatons très vite que l’ensoleillement fait défaut aux heures encore fraîches du printemps. Plus tard, l’emplacement définitif sera mieux exposé.






Nous apprenons très vite qu’il n’est pas possible d’avoir une seule ruche, un malheur est très vite arrivé et c’est difficile de repartir.

Aussitôt fait ce constat, un autre apiculteur nous fournit un essaim échappé de ses ruches.

DSC06363Ce sont des blondinettes de la race Apis mellifera ligustica appelées aussi abeilles italiennes














DSC06375alors que l’autre colonie est constituée d’abeilles grises locales  Apis mellifera mellifera appelées aussi abeilles noires.








Plus tard, le métissage, nous donnera des abeilles bariolées que nous surnommons « les clowns ». Aujourd’hui, c’est très nettement la race locale grise qui prédomine dans le rucher et c’est celle que l’on souhaite privilégier maintenant.

Tout au long de 2005, avec l’aide attentive de notre ami Prof es api,  nous découvrons étape par étape les premiers gestes à maîtriser : allumer l’enfumoir ( et que ça fume longtemps !) , ouvrir une ruche, sortir les cadres, les observer, … et surtout décider à chaque fois du geste à faire ou ne pas faire.

DSCN6755Subrepticement, nous nous intéressons, lisons, questionnons et observons au quotidien  ce qu’il se passe au trou de vol.









Bien à l’abri dans notre combinaison genre scaphandrier, Henri passe à la pratique sous l’œil attentif de Jacky. Pour ma part, je   me contente d’observer et de me faire à l’idée que je peux être au milieu du nuage d’abeilles sans me faire dévorer.

Très vite, nous mesurons comme il est important que nos gestes soient tranquilles, conscients et  sans à-coup. Nous  devons nous-mêmes être calmes et sereins pour ne pas commettre trop d’impairs et déclencher la furie de nos protégées.

Bientôt, nous lâchons la main de notre maître pour les gestes de base. Nous allons fréquenter le rucher école pour étendre notre champ de connaissances et de pratique. Nous y rencontrons des apiculteurs très confirmés et apprenons beaucoup d’eux.

Nous sommes au stade, où, conscients de notre incompétence, nous constatons que chaque situation observée au pied de la ruche appelle une décision rapide, réfléchie et efficace.
DSCN6774
Nous avons l’impression de travailler « sans filet » car on ne sait que longtemps après si la décision prise était  la bonne. C’est à la fois angoissant et exaltant.  Tout cela n’est pas sans me rappeler certaines situations d’urgence  rencontrées dans ma pratique d'infirmière.

Bon an, mal an, nous nous occupons de notre mieux de ces deux premières colonies. A chaque intervention, nous sommes parcourus par la peur horrible d’écraser la reine, de la coincer entre deux cadres et de blesser son précieux abdomen, de la faire tomber par terre sans nous en apercevoir… Et c’est arrivé,  une fois la ruche refermée, d’apercevoir la reine rampant au sol, se demandant bien ce qu’elle faisait là.

Car c’est toute une éducation de la vue que demande ce travail. : reconnaître la reine parmi des milliers d’abeilles, m’a demandé beaucoup de temps. Combien de fois ai-je demandé à Henri : « celle-ci, par terre, n’est pas comme les autres ? » Et Henri cette terrible fois de me répondre : « M…., c’est la reine !! ».
DSCN6778 cercle rognée                 (photo de Christian qui nous assistait ce jour là)

Et de renfiler la malheureuse vite fait, bien fait dans sa maison avec les  ouvrières, déjà à sa recherche. Tenir cette reine dans nos doigts grossièrement gantés de cuir épais et raide, quelle émotion !

Nos visites au rucher sont pluri-quotidiennes. Nous ne nous lassons pas de les regarder aller et venir et de chercher à qualifier leur activité : faible, normale, intense, avec rentrée de pollen….La plupart des interventions sont plus faciles à faire à deux : à condition toutefois de bien se coordonner et de s’accorder sur la conduite à tenir. Bon test  pour le tandem que nous formons à la ville comme au rucher !

article-2 1698J’oublie de plus en plus ma phobie des piqûres. Nous nous sommes beaucoup protégés dans nos débuts au risque de cuire sous nos vêtements afin d ‘éviter tout stress à ce sujet. Plus tard, nous deviendrons plus imprudents et elles ne nous rateront pas ! Mais c’est fait, le virus de l’apiculture est inoculé en chacun de nous deux : nous en rêvons la nuit, le petit déjeuner devient le temps du briefing apicole et le dîner le temps du débriefing. Tous les mardis, nous faisons le point avec notre ami Prof es api.

Viendra le temps de la première récolte. La météo n’a pas été très favorable en ce premier printemps-été. La pluie a délavé les fleurs des châtaigniers et il fait froid. Quand pourrons-nous récolter ? Va-t-il y avoir du miel dans les hausses ? Combien faut-il prévoir de pots ?

Le jour J arrive : avec moultes précautions nous sortons les cadres recelant le miel et les portons à extraire chez notre ami Prof es api. Le précieux nectar finit par couler. Nous éprouvons ce curieux sentiment qui nous habite encore souvent, mélange de fierté et d’humilité  devant ce miel, fruit du travail colossal et organisé  de  ces  petits organismes vivants. 

article-2 0168Avec nos 5 kilos de miel sous le bras,  nous sommes pressés de rentrer à la maison pour rendre grâce à celles qui l’ont produit.









Comme les Indiens le font, nous les remercions de ce qu’elles nous ont donné. Mais c’est sans compter sur la susceptibilité de n’importe quelle maîtresse de maison qui vient de se faire dévaliser ses placards de confitures ! Résultat : à peine remerciées, les gardiennes de la ruche passent à l’attaque. Nous fuyons à toutes jambes mais elles nous rattrapent. Henri est piqué sur le crâne (là où c’est un peu dégarni…) et moi aux cuisses (là où c’est  un peu plus chaud…). Pendant les 3 jours qui suivent, elles ne seront pas à prendre avec des pincettes. Chiennes, ânes et autres curieux y auront  droit à 10 mètres à la ronde !

Mais plus rien ne pourra plus jamais nous dépiter : récupération de nouveaux essaims chez nous et chez d’autres, la famille bzz bzz s’agrandit inexorablement. En 2006, nous nous équipons du matériel d’extraction et de stockage.

article-2 1644En 2008, un nouveau rucher verra le jour dans la vallée de la Dême.














Et aujourd’hui…aujourd’hui ? Pardonnez- nous, nous devons vous quitter pour aller …peser les abeilles !

À bientôt sur     http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/

Marie-France

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html ) 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 14:54

Janvier 2010 : c'est l'hiver, il fait froid :

         
- Comment vont les abeilles?
          - Que font-elles?
          - Que faites-vous pour elles?

Nous avons souvent entendu ces questions, et, ces questions, nous nous les posons tous les jours devant ces boites silencieuses :
BLOG101
Bien sûr on peut taper sur la ruche pour les entendre réagir. Cela nous dira seulement qu'il y en a encore en vie, mais rien de plus.

On aura juste réussi à les stresser et à déclencher un besoin supplémentaire d'énergie à une époque où elles ont bien besoin de toutes leurs réserves.

Soulever le couvercle? Ouvrir la ruche?
C'est assurément faire rentrer le froid dans la maison et les mettre en danger surtout si elles ont commencé à élever du couvain.

Le mieux c'est de ne rien leur faire! Tout ce qui était sous notre contrôle a du être fait avant : isolation du toit, nourrissement complémentaire si nécessaire, regroupement des colonies trop faibles pour passer l'hiver, traitement contre le varroa....

Maintenant il faut leur faire confiance : elles savent lutter contre le froid (jusqu'à -20° voir -30° suivant les auteurs).
Elles forment une grappe que les abeilles de l'intérieur chauffent par leur thorax (mais sans battre des ailes) pendant que celles en périphérie assurent l'isolation en se serrant très fort les unes aux autres.

Au centre de la grappe, les abeilles peuvent bouger pour se nourrir, élever le couvain, nettoyer, toujours nettoyer, puis venir remplacer les abeilles de la périphérie pour qu'elles se réchauffent à leur tour.

Elles vont ainsi maintenir, au centre de la grappe, une température de l'ordre de 25° (le strict minimum serait de 18°) puis de 35° pour pouvoir élever le couvain et ce, quelle que soit la température extérieure.

La reine, qui a arrêté de pondre après les gelées de fin novembre, reprend sa ponte dès mi-janvier pour préparer le printemps et la relève des abeilles d'hiver.

Alors pour savoir "comment vont les abeilles?" il nous faut observer devant et dessous :
          - devant la ruche dès qu'il y a un rayon de soleil,
          - dessous la ruche en récupérant sur une plaque les déchets de l'activité des abeilles (toutes nos ruches sont équipées de planchers ajourés pour assurer une bonne aération et permettre ces observations).


BLOG103Il fait 10°, un rayon de soleil : les voilà!

Elles sont bien vivantes.

Elles en profitent pour faire un "vol de propreté".

Il s'agit de vider l'ampoule rectale qui a pu conserver les excréments plus de 3 semaines alors qu'elles étaient confinées à l'intérieur par le froid.

Ce n'est pas le jour à mettre des draps blancs à sécher sur le fil à linge!


BLOG104Et maintenant retirons la plaque métallique placée sous le plancher pour observer les déchets.

L'inspecteur mène l'enquête.

C'est bien connu : les poubelles regorgent d'informations intéressantes sur les occupants d'un lieu.

Les anciens médecins regardaient aussi les pots de chambre.

D'ailleurs la première observation que nous faisons c'est d'apprécier l'odeur dégagée : elle sent bon.

Un mélange de senteur de propolis, de cire, de miel, d'humidité et de chaleur : c'est un bon signe!

D'autres odeurs (âcreté par exemple) pourraient être inquiétantes.



Que voit-on?

BLOG105 cercles
- La grappe s'est installée au sud, au dessus de la porte d'entrée. Elle occupe 4 à 5 inter-cadres : c'est bien.

- Les abeilles ont su profiter des moments moins froids pour aller taper dans les réserves du fond de la ruche.

Cette colonie est bien active.

Regardons maintenant d'un peu plus près :

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- Il y a un varroa (taille 1,5 à 2 mm) parmi les déchets d'opercules.

Un seul pour plusieurs jours de présence de la trappe : ça va, pas d'inquiétude.

Le varroa est un acarien, parasite des abeilles, arrivé en France en 1982.

Même si on ne l'aime pas en apiculture, il faudra bien lui faire un article spécial (par exemple en été, période favorable à son expansion).



Et là : c'est quoi?

BLOG108cercles



- Ce sont des écailles (taille 1 à 2 mm) de cire transparente toute fraîche : il y a donc de jeunes abeilles qui commencent à devenir cirières.

C'est un très bon signe de vitalité de la colonie.

La cire est sécrétée par des glandes cirières, elle sort, sous la forme de ces écailles, des flans de l'abdomen, entre les premiers anneaux.

Ce sont les jeunes abeilles (entre 12 et 18 jours) qui en produisent le plus.

Normalement elles retravaillent tout de suite ces écailles en les mastiquant puis en utilisant la cire obtenue à bon escient, mais quelques écailles peuvent leur échapper.

article-1 0154
Chaque écaille pèse moins de 1 mg, donc pour faire une bougie comme celle-ci (qui brûlera quand même plusieurs heures), il en faut de l'ordre de 100.000!

Vous ne regarderez plus la flamme de la même façon.

  




Et maintenant revenons encore une dernière fois à notre tiroir-poubelle, mais c'est pour le meilleur :

BLOG109cercle

                                                              DEUX OEUFS!

(longueur d'un oeuf : 1,5 mm)

La reine est vivante et elle a repris sa ponte : c'est parfait!

Est-ce qu'ils lui ont échappé?
Étaient-ils mal collés au fond de leur cellule?
Est-ce les ouvrières qui les ont enlevés car il n'en faut qu'un par cellule?
Étaient-ils mal fécondés? Dans ce cas ils auraient donné des mâles et il n'y en a pas besoin à cette époque.

...? ...? ...?

La nature et les abeilles nous étonneront et émerveilleront toujours.

Du moins, tant qu'il y en a encore.

=  = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =

Pour chauffer, pour produire de la cire, pour élever le couvain et produire de la gelée royale, les abeilles ont besoin d'énergie et de plus en plus à partir de la reprise de la ponte de la reine.

Cette ponte va aller en s'accélérant en vue des bataillons de butineuses nécessaires au printemps.

Est-ce que la météo va être favorable lors des premières floraisons?

Le mois de mars est appelé le mois de tous les dangers pour la survie des colonies.

Il est finalement bien plus inquiétant que les grands froids du coeur de l'hiver comme nous venons de le voir.


                                 
Est-ce que les réserves vont être suffisantes?

Serait-ce le thème du prochain article?

Merci de votre attention et ...

... à bientôt sur         
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(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )


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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 10:27

Remerciements :

Un grand merci à  Jacky qui nous a transmis sa passion, son savoir-faire, notre premier essaim et ses conseils de tous les jours. Quel magnifique cadeau tu nous as fait!
Nous t'en serons toujours reconnaissants.

Merci aux animateurs du rucher-école du syndicat apicole d'Indre et Loire "LES AMIS DES ABEILLES" où nous nous sommes perfectionnés ( http://www.lesamisdesabeilles.fr/ ).

Bibliographie :

Livres :

- "APICULTURE" par Pierre JEAN-PROST et Yves LE CONTE, éditions TEC&DOC Lavoisier
- "Le traité RUSTICA de l'Apiculture" - RUSTICA-Editions
- "Au trou de vol" de H. STORCH aux éditions européennes apicoles
- "Maladies, parasites et autres ennemis de l'abeille mellifère" de Nestor FERNANDEZ et Yves COINEAU édition Atlantica
- "Cours complet d'apiculture" de Georges de LAYENS et Gaston BONNIER, édition BELIN
- "Le nourrissement" de M. BOCQUET, édition O.P.I.D.A.

- "Guérir avec les abeilles - Apithérapie & Médecine Chinoise" par Claudette RAYNAL-CARTABAS, éditions Guy TREDANIEL


Revues :

- "L'Abeille de France" éditée par le SNA
- "Abeilles et Fleurs" éditée par l'UNAF
- "Abeilles & Cie" éditée par le CARI
- "La Santé de l'Abeille" éditée par la FNOSAD

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Présentation

  • : Miel et Abeilles en Touraine
  • Miel et Abeilles en Touraine
  • : Un rucher en Touraine au fil des saisons, la vie des abeilles, les travaux des apiculteurs et leurs émotions.
  • Contact

Histoires en Touraine :

Notre amie Capucine11 nous raconte les merveilleuses histoires de la Touraine et du Val de Loire 
miniaturehttp://www.histoires-et-aventures-en-pays-de-loire.com

Promenade culturelle :

Découvrez la Loire à bord du Saint-Martin-de-Tours, la richesse de ses paysages, de sa faune et des inspirations littéraires qu'elle a suscitées.
BateauSaintMartinDeToursDevantLaLanterneCompressée
http://www.naviloire.com