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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:07
« Nourrissement » est un terme employé en apiculture pour désigner l’action de nourrir les abeilles.

Ce terme n’est souvent pas référencé par les dictionnaires qui connaissent mieux le terme de « nourrissage » qui s’applique à l’alimentation de tous les bestiaux, c’est moins beau et ça fait un peu « gavage » !

Mais quand on voit, dans des reportages, comment pratiquent certains apiculteurs professionnels nord-américains, on est en effet proche du gavage.

Personnellement, le seul nourrissement que je pratique habituellement est celui de fin d’été, comme un apiculteur expérimenté me l’a conseillé.

Ce nourrissement a trois objectifs :
 
1)   Éviter une période de disette caractéristique de la période sèche qui peut favoriser l’apparition de maladies.
2)   Relancer la ponte de la reine pour passer l’hiver avec des colonies populeuses donc consommant moins pour chauffer.
3)   Reconstituer les réserves hivernales.
 
Par facilité, j’utilise du sirop apicole prêt à l’emploi :
 
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Il est généralement conseillé de procéder en deux temps :
 
1)   Un petit nourrissement de l’ordre de 0,5 à 1 litre pour stimulation.
2)   Un nourrissement plus important pour reconstituer les réserves hivernales.
 
Le travail imposé aux abeilles pour exploiter ce sirop est très fatigant aussi il faut le faire faire le plus vite possible par les abeilles d’été après la dernière récolte et avant que le froid et l’humidité reviennent (soit au plus tard en septembre).
 
En procédant ainsi, j’ai effectivement constaté une bonne vitalité des colonies. Très populeuses, elles passent ensuite tout l’hiver sans avoir besoin de donner d’autres compléments.

Comme ce nourrissement intervient en même temps que les traitements anti-varroa, cela pose un problème avec les traitements au thymol qui peuvent le perturber.

Les années précédentes, avec APIGUARD®, il suffisait que j’intercale le nourrissement entre les deux barquettes (espacées de 15 jours) puis, à la fin du traitement, pour que le sirop soit bien absorbé.

Par contre, cette année, avec APILIFEVAR® c’est plus difficile car les plaquettes ne sont espacées que d’une semaine et ce traitement provoque une grande agitation des abeilles (espérons qu’il soit plus efficace : à vérifier).
 
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et en vidéo ...


Au rucher de Marie-France, à la vallée de la Dème, comme nous avions constaté que les ruches étaient toujours plus lourdes à l’entrée de l’hiver qu’à la Huberdière, nous avons déjà passé deux hivers sans aucun nourrissement.
 
En comparant les deux ruchers, nous avons effectivement constaté que les ruches de la Huberdière occupaient, en moyenne, au moins un cadre de plus lors du traitement hivernal à l’acide oxalique et avaient aussi, en moyenne, au moins un cadre de couvain de plus lors de la visite de printemps.

Le nourrissement avait donc bien été favorable aux populations.
 
Mais est-ce bien utile que les colonies soient très fortes pour bien passer l’hiver ?
 
Un apiculteur professionnel bio nous a dit remettre en cause cette injonction largement répandue dans toutes nos revues apicoles.
 
En effet, voici ce que nous avons aussi constaté :

- Une ruche de Marie-France, qui n’a donc pas eu de nourrissement, a l’habitude de se réduire à deux ou trois inter-cadres l’hiver et de ne démarrer au printemps qu’avec peu de couvain mais c’est celle qui a ensuite la progression la plus régulière et qui lui donne la meilleure récolte sur l’ensemble de l’année.

- Cela fait deux années que Marie-France n’a aucune mortalité hivernale, sans nourrissement, alors que j’ai perdu chaque fois deux ruches à la Huberdière avec nourrissement (20 % de pertes hivernales restent dans la moyenne régionale).

Bien sûr, nos constatations portant sur peu de ruches n’ont pas de valeur scientifique et d’autres facteurs peuvent intervenir, mais elles me posent question.

J’ai aussi lu dans « La Santé de l’Abeille » n°248 :

« Nourrissement en vue de l’hivernage …. Selon Smirnov, cité par (Colin, 1982), la mort de la colonie est inévitable si les acariens sont au taux de 14 pour cent abeilles et si la colonie a reçu 10 kg de sucre en nourrissement. Cette issue fatale ne se produit naturellement qu’au taux de 50 acariens pour 100 abeilles. »

Je n’ai jamais donné 10 kg de sucre en nourrissement, mais il n’est pas dit que cela n’a pas eu un impact sur mes colonies qui ont trop de varroas résiduels (voir article 38  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-38-comptage-varroas-hiver-2011-2012-96163665.html ).


Ainsi nous avions prévu d’essayer de ne pas nourrir dans les deux ruchers, mais cette année nous avons relevé un poids des ruches globalement inférieur aux années précédentes à la même époque (conséquence d’une mauvaise météo d’avril à juillet ou d’une dernière récolte plus tardive ?) aussi nous nourrissons, au cas par cas, les plus légères en espérant qu’elles pourront toutes bénéficier d’une bonne miellée sur le lierre avant l’hiver, si la météo veut bien nous être enfin favorable.
 
En conclusion, à ce jour, je me garderai bien de donner une quelconque recommandation, si ce n’est : à chacun d’observer et d’expérimenter sur ses propres ruches car les comportements peuvent aussi être différents suivant les colonies et les races d’abeilles.
 
Faire un peu d’apiculture c’est participer à la biodiversité sous toutes ses formes, y compris la chaîne alimentaire qu’apprécie cette belle araignée tigre qui piège nos abeilles dans la lavande et résout ainsi son problème de nourrissement :
    
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Vue de dessus :

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Ses prélèvements n’ont pas de conséquences, ce qui n’est pas le cas du frelon asiatique qui s’installe dans le sud-Touraine. Nous ne devrions plus tarder à le voir arriver chez nous.
 
Merci de votre attention, et … à bientôt sur :
 
 
Henri
 
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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 18:42

Je ne sais pas si ce dicton populaire a valeur universelle, mais cette année, pour l’apiculture en Touraine, il est vérifié.

 

Alors que l’on voit les châteaux de bottes de foin encombrer les champs et notre grange déborder, le miel a bien du mal à monter dans les hausses.

 

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Je ne vous ai pas parlé de récolte de miel d’acacia car, dans le secteur, il n’y a pratiquement pas eu de floraison du fait des gelées tardives et les quelques fleurs qui sont arrivées à s’épanouir ont été balayées par un orage.

 

On a quand même pu faire une petite récolte d’un deuxième miel de printemps avant la floraison du châtaignier, toujours dans l’espoir de faire ensuite un miel de forêt très typé.

 

Mais après avril, mai et juin, le début de juillet a été aussi pourri. Il n’y a bien eu que quelques jours propices au butinage sur le châtaignier.

 

Alors notre récolte de miel de forêt a été très faible, mais nous sommes  quand même bien contents d’en avoir un peu.

 

Il est probable que d’autres apiculteurs du secteur aient carrément préféré le laisser se mélanger avec la dernière récolte d’été.

 

Beaucoup de travail pour pas grand-chose, en quantité, mais en qualité, c’est toujours une grande satisfaction de déguster ce miel très parfumé aux goûts et senteurs différentes chaque année suivant la météo.

 

En tartine, sur une brioche encore tiède faite par Marie-France : quel délice !

 

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Avec les tournesols qui commencent à fleurir, et peut-être un peu de soleil à venir, il reste l’espoir d’une récolte de miel toutes fleurs d’été plus généreuse bien que les populations d’abeilles me semblent déjà globalement en baisse.

 

C’est à nouveau l’occasion de se poser des questions sur la conduite des ruches.

 

Il est certain qu’une année comme celle-ci, les apiculteurs professionnels ont dû être obligés de nourrir et stimuler entre les miellées pour maintenir suffisamment de butineuses au travail.

 

Nos contraintes ne sont pas les mêmes, aussi nous continuons d’éviter les  nourrissements autres que ceux nécessaires à la seule survie des colonies.

 

Par contre, ces quatre mois de mauvais temps m’ont mis le doigt sur un point très basique en apiculture : l’emplacement du rucher.

 

En effet, si le rucher de la Huberdière est bien abrité l’hiver des vents de nord-est, il est complètement ouvert aux vents dominants de sud-ouest pendant la saison apicole.

 

Si, des fois, en apiculture, on lit ou entend tout et son contraire, sur ce point tout le monde s’accorde pour rappeler que les ruches doivent impérativement être protégées des vents.

 

Pour préparer la prochaine saison, il me faudra commencer par réorganiser le rucher avant de penser à d’autres sujets plus techniques.

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

 

http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

 

Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:00

La grille à reine est un dispositif que l’on place sur la ruche avant de mettre les hausses.

Le maillage permet aux ouvrières de passer pour aller stocker le miel mais il empêche la reine (plus grosse) de monter et donc de venir pondre dans les hausses.

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L’intérêt de ce dispositif est pour l’apiculteur car il facilite grandement la récolte du miel : pas de couvain dans les hausses, pas ou peu de pollen, pas de risque de balayer ou souffler la reine.

Il a aussi un intérêt sanitaire indéniable pour le miel récolté qui n’a ainsi été collecté que dans des alvéoles toujours exemptes de couvain (donc de bactéries, spores,…).

Les instances sanitaires apicoles le recommandent maintenant fortement dans l'intérêt des abeilles en même temps qu'un renouvellement régulier des cires pour limiter la pression des maladies et leur transmission.

Si ce dispositif est obligatoire pour les professionnels suivant certains cahiers des charges (à vérifier), il est interdit dans d’autres cahiers des charges en bio-dynamique (voir par exemple : http://www.demeter.fr/pdf/cc_prod_032009.pdf  ).
   

Il est un peu contre-nature pour les abeilles qui aiment prolonger les rayons où la reine pond.

Ainsi en l’absence de grille à reine, nous trouvions presque systématiquement du couvain, ou au moins du pollen, dans la première hausse et parfois jusque dans la deuxième.

On ne pouvait alors plus récolter le miel par hausse entière, il fallait laisser ces cadres de couvain avec leur miel, miel de printemps, qui ensuite cristallisait et nous embêtait pour les récoltes suivantes.

Ces cadres devaient aussi être recyclés en fin de saison pour des raisons sanitaires.

​Lorsque l'on ne replace pas systématiquement les hausses sur leur ruche d'origine, l'utilisation des grilles à reine permet aussi de limiter les risques de contamination d'une ruche à l'autre.

Petit gag : comme d'autres apiculteurs utilisant ce dispositif, il nous est arrivé exceptionnellement de trouver une rangée de beau couvain d'ouvrières en bas d'un cadre de hausse malgré la grille. Est-ce des abeilles qui transporteraient des oeufs pondus par la reine quand le cadre de corps est plein de couvain?

Nous avons donc été satisfaits de l’utilisation des grilles à reine, mais je me demandais si cela ne favorisait pas l’essaimage.

Aussi, cette année, au rucher de la Huberdière, je ne l’ai mise qu’entre la première et la deuxième hausse pour voir si cela avait un impact.

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Finalement, d’un point de vue essaimage, nous n’avons pas constaté de différence sensible entre les deux ruchers.

Mais lorsque nous avons fait notre première récolte de miel de printemps (juste avant le froid habituel des saints de glace pour éviter la cristallisation (voir article 13   http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-13-gelees-noires-et-miel-de-printemps-galere-50837609.html  )), la surprise a été la différence des quantités récoltées entre les deux ruchers : 2 fois plus de miel à la Huberdière qu’à la vallée de la Dême !

Marie-France, adepte inconditionnelle de la grille à reine pour le confort qu’elle nous apporte et l’intérêt sanitaire, a beau me faire remarquer que les floraisons sont plus précoces à la Huberdière et que mes ruches étaient plus populeuses (en moyenne un cadre de couvain en plus à la visite de printemps), je comprends mieux pourquoi certains anciens apiculteurs sont réticents à l’utiliser.

La grille à reine pourrait bien être un frein à la montée des abeilles dans la hausse. D’ailleurs, les abeilles de Marie-France ont mieux bâti les cires neuves introduites dans le corps de ruche à la visite de printemps alors qu’à la Huberdière elles les ont un peu délaissées pour monter dans la hausse.

Pour être certain de l’impact de la grille à reine sur les récoltes, il faudrait inverser l’expérience entre les deux ruchers mais nous préférons privilégier l'aspect sanitaire en utilisant maintenant systématiquement les grilles à reine partout.

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

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Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

P.S. : Il n’y a toujours pas de couvain dans la ruchette de la reine de l’article 41 : cela pourrait donc bien être une jeune reine qui n’a pas pu être fécondée ou une vieille qui n’a pas repris sa ponte. Si je marquais les reines, je pourrais savoir précisément de quel cas il s’agit, mais, dans tous les cas, c’est perdu.

 

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:54

Donc, à l’article précédent, j’avais remis la reine photographiée dans une ruchette où l’avaient rejointe les abeilles qui s’étaient regroupées sur un piquet après la dispersion.

Dès que la météo le permettait, je pouvais voir que l’activité reprenait normalement avec de belles rentrées de pollen du meilleur augure :

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Aussi, après avoir laissé passer une dizaine de jours, nous avons visité la ruchette.

La reine s’est encore montrée (une cabotine, celle-là !) mais toujours pas de couvain : donc toutes les questions restent en suspens.

Je suis maintenant trop curieux de savoir le fin mot de l’histoire pour prendre une décision radicale, alors je vais la laisser tranquille jusqu’à ce qu’elle se décide à me dire, d’une façon ou d’une autre, qui est-elle.

 

 

À la visite de printemps, nous avions trouvé une autre ruche orpheline (la 8).

Pour celle-ci j’avais tenté une manœuvre pour essayer de la sauver : j’avais introduit un cadre de jeune couvain (= couvain ouvert avec des œufs et des jeunes larves) prélevé d’une ruche forte dans l’espoir que les ouvrières arrivent à élever une reine.

Cette manœuvre avait peu de chance d’aboutir car c’était trop tôt : le 25 mars les mâles n’étaient pas encore nés et encore moins matures sexuellement pour féconder une jeune reine qui naîtra en même temps qu’eux.

De plus j’avais commis l’erreur de n’emporter, avec le cadre, que peu d’abeilles car je voulais éviter d’emmener la reine de la ruche d’origine.

Or, pour élever des jeunes larves, il faut de jeunes abeilles qui sont nourricières et pourvoyeuses de gelée royale alors que les abeilles de la ruche orpheline ne sont forcément plus de la première jeunesse.

Pourtant, 10 jours après, j’avais constaté que les abeilles étaient arrivées à construire plusieurs cellules royales dont une qui était fermée et me laissait un peu d’espoir.

L’espoir avait grandi ces derniers temps en voyant la ruche reprendre une belle activité avec des rentrées de pollen.

Une visite s’imposait mais voilà le résultat :

BLOG4104

Pas de couvain d’ouvrières, il n’y a que des cellules de mâles.

La ruche est bourdonneuse : elle est définitivement perdue.

Il ne me reste plus qu’à la disperser.

Pour mon information personnelle, j’en profiterai pour essayer de voir s’il y a une reine, mais dans ce cas il me faudra l’éliminer car elle n’a pas été fécondée.

 

 

Pour repeupler ces ruches, j’ai déjà attrapé des essaims parmi ceux qui partent dès qu’une journée est ensoleillée après le froid, la pluie et le vent du mois d’avril.

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Déjà que je ne fais rien contre l’essaimage (voir article 34 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-34-essaimage-naturel-probleme-ou-solution-78870572.html ), ces longues périodes de mauvais temps, en pleine croissance des populations, le favorisent encore plus.

Les butineuses ont aussi été cloîtrées à l’intérieur alors que défilaient les floraisons printanières : la récolte de miel de printemps s’annonce mal.

Mais l’année apicole n’est pas finie et la pluie était bien nécessaire à la nature et aux prochaines floraisons qui, l’année dernière, avaient souffert de la sécheresse!

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

 

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Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 18:00

Encore un gag avec les ruches orphelines !

Ce dimanche 22 avril, je profite d’un rayon de soleil pour procéder à la dispersion d’une de mes deux ruches orphelines : la 7 (je parlerai de la 8 dans un prochain article).

Je l’avais précédemment rapprochée de sa voisine pour que toutes les abeilles récupérables puissent venir y trouver refuge et ainsi la renforcer.

Avant de la déplacer à une trentaine de mètres, je vérifie à nouveau qu’il n’y a toujours pas de couvain comme constaté à la visite de printemps du 25 mars.

Il m’est déjà arrivé des gags dans ces cas-là (voir article n° 15 « Ruche orpheline ou pas » : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-15-ruche-orpheline-ou-pas-52686832.html ).

La dispersion se passe bien, mais j’ai quand même une sensation que ce n’est pas comme les autres fois : le bruit et le vol des abeilles ne sont pas les mêmes, elles sont douces et ne m’attaquent pas, certaines partent bien rejoindre l’emplacement initial mais beaucoup restent aussi.

Bon, je termine le travail et je commence à ranger le matériel.

C’est en partant que mon regard est attiré par un petit paquet d’abeilles au sol à 3 ou 4 mètres du lieu de dispersion : ce n’est pas normal et je me doute tout de suite de ce que c’est.

Un petit coup de fumée et c’est bien ça : la reine et une vingtaine d’ouvrières !

 

Que faire ?

 

Je me dis que :

- Soit c’est une vieille reine qui n’a pas repris sa ponte car en bout de course : la colonie est condamnée,  il faut l’éliminer.

- Soit c’est une jeune reine élevée par les abeilles pour remplacer la vieille mais comme sa date de naissance est antérieure au 25 mars, elle n’a pas pu être fécondée car les mâles n’étaient pas encore nés. La période où une jeune reine peut être fécondée est courte. Donc la colonie est condamnée, il faut l’éliminer.

Je ressens aussi un coup de blues, éliminer une reine je l’ai déjà fait dans un cas semblable, mais j’en ai gardé des doutes.

Ayant une reine dans la main, l’occasion est trop belle pour ne pas en faire des photos. Bien sûr, je n’ai pas l’appareil avec moi, alors je l’emmène à la maison, ça me fera aussi une pause pour réfléchir.

Voyez comme elle est belle avec son abdomen rayonnant :

BLOG4101 

 

Bon, alors, qu’est-ce que je fais ?

 

Elle a une aile un peu de travers : elle doit mal voler.

Il y a encore beaucoup d’abeilles pour une ruche orpheline depuis si longtemps.

Et si c’était un essaim issu d’une ruche d’à côté qui était venu très récemment squatter cette ruche orpheline ?

Voilà une idée qui me permet de différer une décision difficile à prendre et qui mérite d’être vérifiée.

Vite, je reconstitue une ruchette avec les cadres démontés précédemment, je mets la reine dedans, au pied du poteau où les abeilles restantes se sont rassemblées, comme un essaim.

Immédiatement, la troupe se met en marche pour rejoindre sa reine dans la ruchette (désolé j’avais encore oublié de reprendre l’appareil photo, cela aurait fait une belle vidéo).

Si l’hypothèse de l’essaim est bonne, je devrais trouver du couvain d’ici quelques jours. Par prudence je vais attendre une ou deux semaines.

 

… à suivre !

 

En attendant, voici une petite révision des 3 constituants d’une colonie :

 

La reine :

 

 BLOG4102

 

Les ouvrières :

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Les mâles appelés faux-bourdons (voir article n°11 « Mais à quoi servent donc les mâles ? »   http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-11-mais-a-quoi-servent-donc-les-males-49414003.html ) :

 BLOG1101

 

Observez bien les différences morphologiques.

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

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Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 11:45

Nous avons profité de ces très belles journées de mi-mars avec des températures supérieures à 20° pour faire la visite de printemps des ruches.

Les abeilles, elles, en profitaient pour butiner les premières fleurs, notamment les saules marsault de la haie.

BLOG4001 

 

Les bourdons et les xylocopes (voir article 16 « l’abeille charpentière » http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-16-l-abeille-charpentiere-53556083.html ) semblent préférer les cassis-fleurs délaissés par nos abeilles.

BLOG4002 

 

Vous trouverez à l’article 9 « la visite de printemps » http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-9-la-visite-de-printemps-48589035.html ) le détail des opérations réalisées au cours d’une visite de printemps.

Petite variante : ayant maintenant quelques planchers supplémentaires, nous faisons le changement de planchers en une seule manipulation et prenons ensuite notre temps pour les nettoyer et les faire tremper longtemps dans l’eau de javel.

Ce qui retient le plus notre attention est l’état des populations et la qualité du couvain.

C’est toujours un grand plaisir de trouver de beaux cadres comme celui-ci :

 BLOG4003

 

On notera les quelques cellules en construction pour du couvain de mâles, groupées, en bordure du cadre (voir article 11 « Mais à quoi servent donc les mâles ? » http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-11-mais-a-quoi-servent-donc-les-males-49414003.html )

Mais quelle déception quand il n’y a pas du tout de couvain : la reine n’a pas repris sa ponte ou est morte.

Comme l’année dernière, c’est encore le cas pour deux ruches de la Huberdière et aucune à la vallée de la Dême, avec toutes les questions et les doutes que cela provoque.

Je pense, bien sûr, en priorité au varroa. Je sais que j’en ai plus à la Huberdière (voir article 38 « Comptage varroas hiver 2011-2012 » http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-38-comptage-varroas-hiver-2011-2012-96163665.html ) du fait du choix des produits de traitement.

Cette année il s’agit bien de deux ruches fortement infestées (la 7 et la 8) mais d’autres ruches aussi infestées se portent très bien (de 3 à 5 cadres de beau couvain).

L’année dernière, alors que les mêmes traitements avaient été faits dans les deux ruchers, il y avait déjà eu les mêmes résultats avec des mortalités sur des ruches qui n’étaient pas les plus infestées.

Plus généralement, d’autres apiculteurs de Beaumont la Ronce ont aussi eu des pertes comparables malgré des traitements anti-varroas classiques.

En lisant dans « La Nouvelle République » du 24/03/2012 que Beaumont la Ronce fait partie des 9 communes du département dont l’eau du robinet est polluée par les pesticides, la question de l’impact des pesticides sur les abeilles est à nouveau soulevée même si je pense d’abord aux erreurs que j’ai pu commettre et à ce que je pourrais améliorer dans mes pratiques apicoles.

Toutefois, avec 20 % de pertes hivernales à la Huberdière et 0% à la vallée de la Dême (toujours le rucher de Marie-France, c’est énervant, bravo l’ex-infirmière, … ou l’emplacement ?), on reste dans des chiffres d’une grande banalité en apiculture où les 30 % (voir 40 à 50 % en apiculture biologique à cause du varroa) sont souvent atteints.

Il va aussi falloir que je trouve une meilleure eau pour l’abreuvoir des poules où les porteuses d’eau viennent se ravitailler (la sécheresse s’intensifie, il n’y a même plus de rosée le matin) :

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Pendant ce temps-là, il y en a qui se posent moins de questions et qui profitent du beau temps pour faire la sieste au rucher bien abrité du vent du nord-est :

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Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

 

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Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 10:30

Depuis plusieurs jours la Touraine, comme beaucoup d’autres régions, grelotte.

Les températures descendent jusqu’à moins 15 ° et vous êtes nombreux à vous inquiéter pour nos abeilles.

La question est d’autant plus pertinente que ce froid arrive après la reprise de la ponte de la reine et comme il faut plus de 30° (idéalement 34 à 35°) au centre de la ruche pour élever le jeune couvain : comment font les abeilles pour chauffer ?

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Quand on parle de chauffage, il faut déjà parler, en premier lieu, d’isolation.

Toute l’année les abeilles ont ainsi cherché à réduire les courants d’air avec de la propolis au dessus des cadres et dans les interstices de la ruche (voir article n° 24    http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-24-la-propolis-62735987.html ).

Certaines colonies iront même jusqu’à réduire la porte d’entrée pour mieux se défendre du froid et des intrus.

La structure du nid avec ses rayons de cire alvéolée constitue un bon cloisonnement.

Quand le froid devient intense, elles forment la « grappe d’hivernage ».

Les abeilles à la périphérie de cette grappe se tiennent très serrées et constituent ainsi une couche isolante pour le reste de la colonie.

Les abeilles au centre de la grappe gardent une liberté de mouvement pour vaquer aux tâches habituelles (se nourrir, nourrir les larves, nettoyer,…etc.).

Le chauffage, à proprement parler, est assuré par les abeilles de l’intérieur de la grappe. Pour cela, elles actionnent les muscles de leur thorax, qui servent habituellement à voler, mais sans battre des ailes.

Les abeilles de la périphérie, exposées au froid, s’engourdissent et finiraient par mourir si des abeilles de l’intérieur ne venaient pas assurer la relève en les poussant à l’intérieur, au chaud.

Bien qu’en théorie, elles soient ainsi capables de surmonter seules des pointes de -15° à -20°, on ne peut s’empêcher d’avoir un peu d’inquiétude quand le froid s’installe aussi longtemps, mais, maintenant, il n’y a plus grand chose à faire.

Quand la terre a commencé à geler, j’ai remis les trappes de comptage  pour limiter les courants d’air par les planchers aérés et je les enlèverai dès le dégel. Certaines années, je ne l’ai pas fait et elles ont survécu. Je ne sais pas ce qui est le mieux : les avis divergent sur ce point.

Comme souvent en apiculture, le plus important est ce que l’on a fait en amont de cette période :

- Bien choisir l’emplacement et l’orientation du rucher pour protéger les ruches de la bise.

- Mettre une couche isolante sous le toit des ruches.

- Contrôler les réserves par des pesées (voir articles n°3 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-3-vous-pesez-les-abeilles-44509996.html )

- Hiverner des colonies populeuses car plus les abeilles sont nombreuses moins souvent elles prennent la relève en périphérie, plus elles chauffent facilement l’intérieur de la grappe et moins elles consomment.

Sur ce dernier point, on est un peu moins affirmatif sur le regroupement systématique de petites colonies en automne comme cela est conseillé :

- Nous avons déjà fait passer l’hiver à de petits essaims (en les nourrissant) qui ont ensuite donné de belles récoltes.

- Il est aussi souvent dit que « deux colonies faibles ne font pas une colonie forte ».

Aussi nous procédons un peu à « l’inspiration », au cas par cas, en observant particulièrement la qualité du couvain.

Il me semble qu’un autre moyen pour renforcer les populations est le nourrissement en fin d’été.

Ainsi, après la dernière récolte nous avons nourri les ruches de la Huberdière mais pas celles de la vallée de la Dême où elles sont toujours plus lourdes à l’entrée de l’hiver.

Lors du traitement hivernal à l’acide oxalique nous avons constaté que les colonies de la Huberdière occupaient, en moyenne, 1 à 2 inter-cadres de plus que celles de la vallée de la Dême bien qu’à la Huberdière elles aient plus de varroas (voir article n° 38 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-38-comptage-varroas-hiver-2011-2012-96163665.html )

Mais est-ce bien nécessaire que les colonies soient très fortes ? On comptera les points à la prochaine visite de printemps.

Quand le froid est là, je me contente d’aller balayer la neige des planches d’envol pour dégager les entrées et surtout sans déranger les abeilles.

Le petit coup sur la ruche pour provoquer et écouter le bruissement des abeilles n’a aucun intérêt : il les stresse et provoque par réflexe un besoin de nourriture.

Les abeilles font partie des rares hyménoptères de la famille des apoïdes à passer l’hiver en colonie, sans hiberner : elles sont toujours actives. Ce n’est pas le cas des guêpes et des frelons dont toutes les ouvrières et tous les mâles meurent en fin d’automne. Seules les jeunes fondatrices se cachent individuellement à l’entrée de l’hiver dans des endroits protégés du froid ou s’enterrent pour rentrer en hibernation complète jusqu’au printemps.

 

Alors avec ce grand froid qui sévit, on espère que cela va freiner la progression du frelon asiatique en Touraine, … pour cette année.

En attendant, nous en profitons pour faire de belles balades en forêt et, pour une fois, nous allons nous montrer en photo, sans la tenue d’apiculteur, mais bien couverts quand même :

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Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

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Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 16:00
Depuis plusieurs années, j’effectue chaque hiver des comptages de varroas pour suivre le degré d’infestation, juger de l’utilité d’un traitement hivernal et contrôler ainsi l’efficacité du traitement d’été.

En plaçant une trappe de comptage graissée sous les planchers aérés, on récupère les déchets de la ruche et les varroas tombés.
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Je commence ces comptages plusieurs jours avant le traitement hivernal afin de dénombrer les chutes naturelles de varroas.

Pour être le plus précis, j’effectue ces comptages tous les matins (sauf indisponibilité).

Voici le tableau de ces comptages avant traitement :
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Comme chaque année, on peut constater que les résultats sont variables d’un jour à l’autre (souvent en fonction de la température du jour précédant le comptage) et très disparates d’une ruche à l’autre, même placées côte à côte.

Les pratiques par sondage, sur peu de ruches et peu de jours, me semblent donc très approximatives.

Ce premier comptage me permet d’obtenir une moyenne journalière des chutes de varroas qui devrait déterminer la nécessité ou non d’un traitement hivernal.

Il est généralement conseillé de le faire à partir de 1 varroa/jour afin de limiter le nombre de varroas à moins de 50 par ruche en hiver.

Bien que seules 4 ruches dépassaient ce seuil, j’ai préféré appliquer le traitement hivernal à toutes car les années précédentes m’avaient prouvé que cette règle ne s’appliquait pas à mon rucher.
 
Le 18 décembre nous avons donc procédé à un traitement par dégouttement d’une solution d’acide oxalique suivant le protocole et les dosages conseillés (nous ne donnerons pas le détail de cette préparation afin d’inciter les apiculteurs qui ne la connaissent pas à aller se former dans un rucher-école où ils auront tous les bons conseils d’utilisation de ce produit, autorisé en apiculture biologique, mais qui peut être dangereux à manipuler).
 

Dans notre région, la deuxième quinzaine de décembre est la plus propice à ce traitement car c’est la seule période où il n’y a pas de couvain (la reine ne reprenant généralement sa ponte que début janvier) et donc pas de varroas cachés dedans en train de se reproduire (quoique, avec la douceur exceptionnelle de ce début d’hiver, on puisse en douter).
 
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L’acide oxalique (en abrégé A.O.) se trouve à l’état naturel dans de nombreuses plantes (oseille, betterave,…) et les abeilles en ramènent un peu (involontairement ?) en butinant.

Bien dosé dans un sirop, les abeilles vont s’échanger cette nourriture par trophallaxie, en absorber et empoisonner ainsi les varroas qui leur sucent l’hémolymphe (Erreur : d'après l'Abeille de France n°997, l'acide oxalique agit par voie topique et non par ingestion, c'est donc une action mécanique par frottement des abeilles dans la grappe qui ferait tomber les varroas).

C’est l’occasion pour Marie-France de retrouver  les sensations et les émotions de son ancien métier d’infirmière en préparant son « chariot » et en manipulant la seringue.

Comme il faut compter 5 ml de solution par intercadre occupé on en profite pour contrôler la force des populations (on ouvre les ruches mais on ne sort pas les cadres).
 
L’effet de ce traitement se prolongeant sur 4 semaines, c’est sur cette durée que j’effectue les comptages de varroas tombés après A.O.  

Voici le tableau de comptage résultant :

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 Premières constatations :
    
- le nombre important de varroas tués, le seuil des 50 varroas est dépassé dans toutes les ruches, sauf une seule.

- globalement, il y en a pourtant moins que l’année dernière :

          - Est-ce parce que la dernière récolte a été faite plus tôt et donc le traitement au thymol fin juillet au lieu de mi-août plus efficace ?

          - J’avais noté que les conditions climatiques avaient été parfaites à ce moment-là pour le thymol.
      
          - Comme d’autres apiculteurs, j’ai aussi constaté plusieurs remérages tardifs cette année, ce qui a pu provoquer des périodes d’absence de couvain bloquant ainsi la reproduction du varroa.

          - Est-ce l'A.O. qui a été moins efficace cette année ? Bien qu'ayant choisi la première journée plus froide, les abeilles volaient encore un peu au moment du traitement.

          - Est-ce le hasard ou la météo ou …  ?

Comme souvent : toujours plus de questions que de réponses, mais l’essentiel est qu’il n’y ait pas de signe de résistance au thymol, … pour l’instant.


Dans un tableau de synthèse je reprends le nombre total de varroas tombés après A.O. (= T) et je le rapproche de la moyenne journalière avant A.O. (= M) pour calculer le ratio T/M et vérifier la règle généralement enseignée : une moyenne journalière de chutes naturelles de 1 varroa correspond à 50 varroas dans la ruche.

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 Depuis plusieurs années que je fais ces comptages, la conclusion dans mon cas, avec mon matériel et ma façon de procéder, est bien différente :
 

- Malgré tout le soin apporté à ces comptages (…et de bonnes lunettes !) je ne peux pas établir de règle mathématique fiable entre la moyenne avant A.O. et le nombre de varroas après A.O. : c’est toujours trop variable d’une ruche à l’autre.
   
- Le ratio T/M est toujours très nettement supérieur à 50. Ainsi cette année il va de 116 à 233 mais l’écart a été beaucoup plus important d’autres années (de 60 à 1000 !) surtout quand il fait très froid avant A.O. (les varroas morts naturellement tombent moins du fait que la grappe d’abeilles est trop serrée).    

- La méthode de comptage des chutes naturelles de varroas n’est donc pas fiable pour déterminer précisément les ruches à traiter ou non l’hiver, sauf cas extrêmes (aucun ou beaucoup de varroas avant A.O.). 

- Après un traitement anti-varroa d’été à base de thymol (APIGUARD® pour ma part, mais un autre apiculteur utilisant APILIFE VAR® en est arrivé à la même conclusion ainsi que les apiculteurs belges du CARI qui utilisent habituellement le THYMOVAR®), un traitement hivernal supplémentaire est nécessaire pour la très grande majorité des ruches.  

Mais un traitement supplémentaire est toujours un traitement de trop pour l’abeille s’il n’est pas nécessaire, et l’acide oxalique n’est pas anodin : il m’arrive de trouver une dizaine d’abeilles mortes après le traitement et l’A.O. aurait tendance à faire diminuer le corps gras de la reine (à vérifier).

On pourrait alors se poser la question autrement : est-ce que la limite de 50 varroas par ruche l'hiver est justifiée? Est-ce que les abeilles (ou du moins certaines colonies) ne tolèreraient pas un taux plus élevé de varroas, et donc : est-ce que ce traitement hivernal est bien nécessaire ?

À cet effet, depuis plusieurs années, je cherche une relation (a priori inverse) entre le nombre de varroas tués, l’hiver, par l’A.O. et la quantité de miel récolté la saison suivante. Résultat : c’est n’importe quoi !
 

Par exemple la ruche n°10, sur laquelle j’avais compté 844 (!)varroas sur les 4 semaines suivant l’A.O. pendant l’hiver 2010/2011, m’a donné 62 beaux cadres de miel au total des 4 récoltes de 2011 mais elle a quand même fini par essaimer en juin (c’est peut-être pour ça qu’elle a beaucoup moins de varroas cet hiver (voir l’article n°34   http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-34-essaimage-naturel-probleme-ou-solution-78870572.html )).

Par ces comptages, j'aurais voulu arriver à une règle permettant d'éviter l'A.O. aux ruches qui n'en ont pas besoin mais je n'y suis donc pas arrivé.

Je reste aussi traumatisé par l'épisode de paralysie aigüe (ou "maladie noire", maladie virale favorisée par le varroa) tombée sur une ruche à mes débuts quand je ne faisais pas ce traitement hivernal (maladie diagnostiquée par l'agent sanitaire et confirmée par les analyses). Le phénomène n'est pas réapparu depuis que je fais ce traitement supplémentaire.

Avec toujours des récoltes de miel très correctes pour un amateur, j’en déduis qu’en associant un traitement d’été au thymol et un traitement d’hiver à l’acide oxalique on peut éviter d’utiliser l’amitraze tant qu’il n’y pas de signes de varroase.

Par contre, au rucher de la vallée de la Dême, nous avons dû revoir notre position suite aux constatations suivantes :
  
          - une récolte de miel très nettement en baisse,

         
- encore plus d’essaimages que d’habitude,

         
- trop d’orphelinages,

         
- et quelques abeilles aux ailes déformées (autre maladie virale favorisée par le varroa).
 
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Cet été, avec Marie-France, nous avons donc décidé de mettre des lanières APIVAR®  (à base d'amitraze) dans ce rucher au lieu des barquettes APIGUARD®.

J’étais aussi très curieux de vérifier, par moi-même, l’efficacité de ce produit très largement préconisé et utilisé en France.

Le rucher étant plus éloigné, je n’ai fait que des comptages après A.O. et plus espacés, mais, comme vous pouvez le voir dans ce tableau, les chiffres sont significatifs :
 
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 Alors que l’APIGUARD® est généralement crédité d’un taux d’efficacité de 85% contre 95 à 97 % pour l’APIVAR®, cette différence, de l’ordre de 10 % seulement, s’est traduite, chez nous, par 5 fois plus de varroas l’hiver du fait de la reproduction exponentielle du varroa.

Moi, qui pourfends à longueur d’articles dans ce blog l’utilisation de l’amitraze, je viens de faire la démonstration de son efficacité (qui n’était plus à faire) et justifie ainsi les raisons qui incitent certaines structures sanitaires ou syndicales à préconiser ce produit : plus simple d’utilisation, plus efficace, un peu moins coûteux.

Ces chiffres expliquent aussi pourquoi des apiculteurs professionnels « bio » (qui n’ont pas le droit d’utiliser l’amitraze) sont amenés à utiliser d’autres techniques plus complexes et pas facilement à la portée d’apiculteurs amateurs.

N’ayant pas que des espaces sauvages dans l’environnement de nos ruchers (mais aussi des cultures classiques, essentiellement céréalières), notre miel ne pourra jamais obtenir la certification « bio », quelles que soient nos pratiques d’élevage, alors pourquoi ne voudrais-je pas utiliser systématiquement les lanières APIVAR® ?

          - L’amitraze est un pesticide, et pour défendre la santé de l’abeille, je me sens plus à l’aise pour critiquer la sur-utilisation des pesticides en général, si, moi-même, je fais des efforts pour m’en passer.

          - Comme cela est déjà arrivé avec d’autres produits (l’APISTAN® par exemple), tout le monde s’attend à voir le varroa finir par être résistant à l’amitraze. Aussi, comme pour la santé humaine et les antibiotiques que l’on est content de trouver quand on est atteint d’une maladie grave, je m’applique le principe : « l’amitraze, c’est pas automatique ! »

De nombreux spécialistes appellent à l’alternance des produits pour éviter l’apparition des résistances, mais il ne faut pas faire croire aux apiculteurs utilisant les lanières que les produits alternatifs actuellement disponibles sont presque aussi efficaces.

En même temps, il leur est souvent préconisé de faire des comptages de varroas : ce qui n’est qu’un doux euphémisme pour faire deviner (sans oser le dire) qu’il faudra faire un traitement hivernal que les instances sanitaires ont toujours du mal à préconiser (l’acide oxalique est en vente libre, pas cher, la solution est préparée par l’apiculteur lui-même, sous sa responsabilité, sans passer par un laboratoire et donc sans AMM).

Les conditions légales d'utilisation sont à vérifier auprès de vos organismes de référence car il y a des divergences entre ce que nous entendons ou lisons suivant les auteurs.

D’ailleurs, quels que soient les produits utilisés, le Président de notre GDSA (Groupement de Défense Sanitaire Apicole) a bien précisé que, maintenant, le problème du varroa est à prendre en compte toute l’année et pas seulement au moment du traitement d’été, il faut penser à un traitement hivernal éventuel mais aussi, au printemps, à un piégeage sur couvain de mâles.
Voir à ce sujet le blog de notre fidèle lecteur alsacien http://apijj67.canalblog.com/archives/2011/04/22/20952101.html 
ainsi que le document qu'il m'a recommandé :
http://www.bas-rhin.chambagri.fr/fileadmin/documents/Elevage/Apiculture/Resultats_essais/Decoupe_du_couvain_male_experimentation_efficacite_CRA_2.pdf


On voit aussi que, malgré l’efficacité des lanières sur les ruches de la vallée de la Dême, qui n’avaient jamais vu d’amitraze, il y en avait au moins une ou deux pour lesquelles le traitement hivernal n’était peut-être pas inutile.

Puisque le traitement d’hiver s’impose de plus en plus quel que soit le traitement d’été choisi, cela devrait faciliter la généralisation d’une politique d’alternance des produits.

La crainte d’apparition de résistance du varroa aux traitements s’applique aussi au thymol, comme ce qui est arrivé à de nombreux apiculteurs professionnels italiens (voir "Abeilles & Cie" n° 141 page 22) qui ont opté depuis longtemps pour une combinaison de thymol et d’A.O. (en sublimation).

Ils en seraient arrivés à faire jusqu’à 12 traitements par an et à pratiquer une mise en cage de la reine pour arrêter la ponte et avoir au moins un traitement plus efficace.

Ils pensent qu’il ne faut, maintenant, pas plus de 10 varroas pour qu’une ruche puisse redémarrer.

Ce serait dû à un affaiblissement des abeilles face au varroa en combinaison avec d’autres facteurs environnementaux (dont les pesticides).

Mais que penser de l’impact des traitements eux-mêmes ?
 
Ouf ! On n’en est pas là !

Il est probable qu’ils aient utilisé le thymol sous d’autres formes comme par exemple en dilution dans l’éthanol (d’où l’effet « flash » démontré par M. Ganachaud) ce qui n’a rien à voir avec les produits disposant d’une AMM que nous propose le GDSA, peut-être moins efficaces mais plus sécurisants.

Mes chiffres et mes conclusions n’ont pas de valeur scientifique car basés sur un nombre trop faible de ruches, et je dois bien commettre quelques erreurs, mais je les diffuse pour alimenter la réflexion de chacun et je suis très intéressé par vos réactions et vos propres constatations.

P.S. : Petits rappels à destination des consommateurs de miel :

Tous les traitements cités précédemment sont effectués  en l’absence des hausses, donc du miel récolté pour vous. Les dosages sont infimes car leur but est de détruire les varroas … mais pas les abeilles !

Les maladies des abeilles ne sont pas transmissibles aux êtres humains et ce ne sont pas elles qui déforment les ailes de votre voiture !

P.S. : Les « règles » évoluent.

Je viens de lire dans le bulletin de l’ADAPIC de janvier 2012 que « pour l’hivernage il faut moins de 50 varroas par colonie, ce qui correspond à une chute naturelle inférieure à 1 varroa tous les 2 jours ». On se rapproche de mes constatations. Mais dans l'Abeille de France n°997, il est encore dit qu'en dessous de 4 ou 5 varroas sur 48 h, il n'est pas nécessaire de faire un traitement complémentaire à l'A.O. (comptage effectué après le traitement de fin d'été). En fait, la règle dépend de la période où l'on fait le comptage.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:30
L’automne a commencé par de très belles journées que l’été ne nous a pas offertes.
Avec du soleil et de la chaleur on pourrait s’attendre à une grande activité de nos avettes, surtout qu’avec les quelques pluies d’août, il y a encore de belles fleurs à butiner comme ce petit trèfle blanc :
BLOG3701 
 
Pourtant au rucher, c’est souvent calme :
BLOG3702 
 
Il fait sec et nous sommes en pleine préparation d’hivernage des colonies : les abeilles d’été meurent et les abeilles d’hiver, qui commencent à naître, sont trop jeunes pour aller butiner.  
C’est l’occasion de répondre à la question qui nous est souvent posée :
 
« Combien de temps vit une abeille ? »
 
Eh bien, ce temps de vie n’est pas le même pour toutes. Pour faire simple et vous donner un ordre de grandeur, disons que :
 
- Les ouvrières naissant au printemps et au début de l’été vivent de l’ordre d’un à deux mois.
 
- Les ouvrières naissant à l’automne vivent de l’ordre de 6 mois et sont physiologiquement différentes avec un corps gras plus développé.
 
- La reine peut vivre jusqu’à 5 ans et exceptionnellement plus, mais cette durée de vie serait en diminution.
 
 
Si au printemps et au début de l’été une colonie peut compter de l’ordre de 60.000 abeilles avec un taux de renouvellement rapide (la reine peut alors pondre jusqu’à 2.000 œufs par jour), en hiver il ne reste qu’environ 10.000 abeilles avec un renouvellement très faible (la ponte de la reine ralentit fortement pouvant s’arrêter complètement de courant décembre à début janvier suivant les températures extérieures.
 
La bonne santé de ces abeilles d’hiver est donc primordiale pour la survie de la colonie. Il nous faut donc les aider à lutter contre les varroas (voir article n° 20 : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-20-varroa-destructor-57711356.html ) qui leur sucent l’hémolymphe (= le sang des insectes) et favorisent la transmission de certains virus comme celui des ailes déformées qui a atteint cette jeune abeille :
 BLOG3703
L’espérance de vie de cette abeille est nulle et elle sera rejetée de la ruche comme toutes les abeilles malades ou mourantes. Une abeille saine, mourant naturellement, essaiera de s’éloigner elle-même de la ruche s’il ne fait pas trop froid. Sinon son cadavre sera évacué par les nettoyeuses au premier radoucissement.
 
Personnellement, pour lutter contre le varroa, je continue de préférer, par principe,  un produit à base de thymol à un produit à base d’amitraze. Ainsi, après la dernière récolte de miel d’été faite cette année fin juillet, j’ai mis deux barquettes d’APIGUARD espacées de 15 jours.
BLOG3704
 
À ce sujet, j’ai appris par la revue « Abeilles et Cie » de juillet-août 2011 que l’association des apiculteurs slovènes (7.300 apiculteurs) avait aussi choisi ce produit, associé à un traitement d’hiver à l’acide oxalique. Les membres du CARI, qui édite cette revue en Belgique, appliquent aussi un traitement  au thymol en été et un à l’acide oxalique en hiver.
 
La revue « L’Abeille de France » n° 983 de septembre 2011 rapporte une étude des apiculteurs du Jura suisse (5.023 colonies étudiées). Ils utilisent le thymol (APIGUARD, APILIFEVAR, THYMOVAR) ou l’acide formique en été, puis, pour 80% d’entre eux, l’acide oxalique en hiver.
 
En effet, avec les comptages de varroas que je fais en hiver, il m’est apparu qu’un traitement complémentaire hors couvain était nécessaire. C’est d’ailleurs, ce que m’avait recommandé un animateur du rucher-école respectueux de mon choix de ne pas vouloir utiliser de lanières à l’amitraze alors qu’elles sont toujours largement préconisées en France.
 
Ceci dit, le thymol n’est pas une panacée non plus : son efficacité est moindre et dépend des températures extérieures, il s’imprègne aussi dans les cires et des résistances seraient aussi apparues.
 
Certains apiculteurs professionnels « bio » préfèrent d’ailleurs n’utiliser que des acides (formique et/ou oxalique) bien que le thymol soit autorisé en apiculture biologique (mais pas l’amitraze).
 
Pour revenir à notre petit trèfle blanc :
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Voilà une bonne façon d’agrémenter utilement vos pelouses. Vous offrirez ainsi un excellent nectar à toutes les abeilles à condition de faire attention en passant la tondeuse. Les butineuses sont complètement absorbées par leur tâche et ne s’éloignent pas au bruit de l’engin.
 
(Attention aussi aux piqûres pour les jeunes enfants jouant dans la pelouse ou ceux qui marchent pieds nus (ou en nu-pieds : n’est-ce pas Olivier !))
 
C’est aussi sur ce trèfle que je les ai le plus facilement photographiées :
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Tiens, d’un coup, une grande effervescence à la ruche n° 10 :
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En vidéo :
 
   
 
Ce ne sont pas des butineuses qui reviennent du trèfle, c’est un «soleil d’artifice» (voir article n°8 :  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-8-le-soleil-d-artifice-ou-comment-les-abeilles-retrouvent-leur-ruche-47368860.html ) de jeunes abeilles qui font leur vol de reconnaissance : ma «Ferrari», après avoir essaimé, a réussi la relève de la reine et élève ses abeilles d’hiver : le printemps prochain se prépare déjà.
 
 
Merci de votre attention, et … à bientôt sur : 
 
Henri 
 
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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 16:00

Je suis tombé par hasard sur un article traitant de l’influence du réseau Hartmann sur le comportement des abeilles (voir :   http://www.apimarne.fr/ ).

 

Je me suis empressé de ressortir mes baguettes de sorcier,

 … non : de sourcier (pardon, je n’aurais pas dû aller voir le dernier Harry Potter) du fond du tiroir pour aller vérifier les deux affirmations :

 

1 – Les ruches situées sur des nœuds du réseau Hartmann seraient plus agressives.

2 - Les essaims aimeraient se poser sur des nœuds du réseau Hartmann.

 

 

Mes compétences et connaissances en géobiologie sont très limitées, mais, comme pour l'apiculture, j'ai plaisir à vous faire partager notre vécu et nos expériences.

 

 

Qu’est-ce que le réseau Hartmann ?

Si la notion de champ magnétique terrestre est bien connue de tout le monde, on connaît moins sa distribution sur la surface et les réseaux géomagnétiques générés.

Pour répondre à cette question, j’ai ressorti du fond de mon armoire le « Traité de Géobiologie » de Bernard BADONNEAU (urbaniste), Benoît LAFLÈCHE (géobiologiste et auteur d’un guide pratique de l’apiculteur amateur), Roland Richard MARTIN (architecte), et Jacques PEZÉ (Médecin expert en homéopathie) aux éditions de l’AIRE.

Ils nous disent :

« Considérons un terrain homogène dans sa composition souterraine, l’énergie émise à la surface n’est pas distribuée régulièrement, ni même au hasard comme pourrait l’être une poignée de limaille de fer sur du papier blanc.

Suivant la loi de la dynamique des fluides se rapportant aux oscillations dans les milieux fluides, la distribution est du type oscillatoire, elle comporte des ventres et des nœuds dans un quadrillage géométrique théoriquement régulier. Nous retrouvons l’image de l’organisation de la limaille de fer due à la distribution des lignes des flux magnétiques.

La densification de l’énergie (ce qui correspond aux nœuds pour une corde vibrante) est maximale sur les bandes et encore plus sur les croisements du quadrillage. La dépression de cette énergie existe à l’intérieur des bandes quadrillées en forme de rectangle. Ces dépressions d’énergie correspondent aux ventres de la corde vibrante. »

 

Plusieurs chercheurs, dont le Docteur PEYRE en France dès 1937, ont établi l’existence de ces quadrillages. Le plus connu est celui de l’allemand HARTMANN qui a établi en 1950 qu’un quadrillage orienté nord-sud et est-ouest avait des mailles rectangulaires de l’ordre de 2 mètres sur 2,5 mètres avec des bandes de 21 centimètres de large.

Ce quadrillage est communément appelé « réseau HARTMANN » ou « réseau H ».

 

 

Comment fonctionnent mes baguettes ?

Voici mes baguettes :

 BLOG3501  

 

Il s’agit de baguettes de détection appelées aussi « antennes parallèles ».

Elles sont constituées d’une tige coudée en métal (laiton ?) mobile dans une poignée.

On inspecte un terrain ou une pièce en les tenant légèrement penchées en avant, donc parallèles par la simple gravité.

 

À certains endroits elles vont bouger en :

- se rapprochant jusqu’à se croiser (passage sur un courant (eau, canalisation, électromagnétisme,…)

- s’écartant pour se tourner le dos (passage sur une faille géologique)

- se mettant à tourner comme un hélicoptère dans un sens de rotation pendant un certain temps puis dans l’autre sens (cheminée magnétique : emplacement apprécié des fourmilières).

 

J’aime bien cet outil du petit géobiologiste car ces antennes sont très sensibles (je ne me crois pas doté de dons de magnétiseur et une baguette de coudrier n’a jamais tourné dans mes mains).

 

Pour le réseau Hartmann, j’ai l’habitude de le détecter en n’utilisant qu’une baguette. Mais il est plus communément recherché par les géobiologistes avec un outil spécifique : le lobe-antenne.

 

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Pour les besoins de cet article, je viens donc d’en acheter un, ça fera plus sérieux, surtout si d’autres apiculteurs du coin me demandent d’aller vérifier leur emplacement de rucher.

 

Première expérience : la ruche agressive

 

Marie-France me propose d’aller à son rucher car elle a une ruche plus agressive que les autres.

Arrivés sur place, quand je lui demande « Laquelle c’est ? », elle me répond : « Eh bien : trouve-la avec tes baguettes ! ».

Je parcours le rucher avec ma baguette. Il n’y a qu’une ruche qui se trouve sur un nœud du réseau Hartmann :

 

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BINGO : c’est bien celle-ci !

Bon, d’accord, je savais, avant de chercher, laquelle c’était. Et ça faisait un moment que je l’avais à l’œil : je craignais qu’elle soit malade ou orpheline. Mais non : elle allait toujours bien. Serait-ce donc la faute à Hartmann ?

 

Alors, après la dernière récolte de miel, nous sommes revenus pour la déplacer d’environ 50 cm comme je l’avais fait pour le lit de Sacha quand, petit, nous le trouvions tous les matins par terre (mes baguettes avaient signalé un courant de quelque chose juste à cet endroit : il n’est plus jamais retombé du lit).

 

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Quelques jours plus tard, lors d’une nouvelle visite du rucher, on a eu l’impression qu’elle était moins agressive (autosuggestion ou réalité ? … à suivre).

 

Deuxième expérience : la branche favorite des essaims

 

À quelques mètres en dessous du rucher de la Huberdière, il y a une branche sur laquelle viennent se poser plusieurs essaims chaque année.

 

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À moins de 2 m de haut, avec un accès que je maintiens dégagé, c’est idéal pour les récupérer :

 

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Ce n’est souvent que l’étape temporaire du regroupement de l’essaim avant son envol vers sa destination finale. Aussi, en période d’essaimage, je passe régulièrement dans l’après-midi ou en fin de soirée. Je reconstitue ainsi facilement notre cheptel.

Jusqu’à présent je pensais que c’étaient les phéromones laissées par les premiers essaims qui attiraient les suivants mais y aurait-il une autre explication ?

 

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Ma baguette de détection et le lobe-antenne récemment acheté le confirment :

 

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le point d’accroche de la plupart des essaims, en plus d’être au départ d’une branche secondaire (situation classique pour un essaim),  est aussi, pile-poil, sur un nœud du réseau Hartmann !

Mais certains essaims, comme celui des photos précédentes, s’accrochent à d’autres endroits de la branche.

 

Conclusion :

 

Le réseau Hartmann pourrait donc bien avoir une influence sur les abeilles.

Dans le traité de géobiologie cité précédemment, on peut trouver différentes implications des phénomènes géobiologiques sur les êtres vivants et concernant les abeilles :

 

« Des apiculteurs se sont aperçus que le rendement des abeilles était 3 fois supérieur lorsque la ruche se trouvait en zone géopathogène. Toutefois les abeilles en subissent les conséquences, n’ayant pas la maîtrise de l’emplacement de la ruche. Il reste à espérer que l’apiculteur sache travailler en connaissance de cause, et replacer la ruche en zone neutre pendant l’hiver, afin d’éviter que les abeilles ne meurent. »

 

 

Cela mériterait d’être vérifié plus statistiquement sur un grand nombre de ruches (la ruche de Marie-France ne produit pas 3 fois plus et a bien survécu à plusieurs hivers). Comme pour beaucoup de choses : il n’y a pas qu’un paramètre à prendre en compte, mais rien n’empêche d’agir sur chacun d’eux quand on en a connaissance.

 

La géobiologie est aussi un bon moyen d'amuser la galerie, comme l'apiculture lorsque nous racontons nos histoires de vol nuptial de la reine ou de fonction des mâles dans la ruche. Ainsi, mon ami Richard adore me faire parler du réseau Hartmann en fin de repas, il en est toujours plié de rire. Il faut dire qu’avec tous les logements qu’il a fait construire dans son métier, il avait d’autres soucis que d’en tenir compte.

Je suis déjà arrivé à le déguiser en apiculteur :

 

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Mais je rêve de lui faire arpenter la campagne avec le lobe-antenne dans les mains à la recherche du réseau Hartmann : ça promet une bonne partie de rigolade !

Pour se conforter dans son attitude strictement technique, il peut aller sur wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9obiologie_(radiesth%C3%A9sie)

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Hartmann

 

où il lira que :

 

« La géobiologie est constituée de nombreuses affirmations non prouvées selon les critères scientifiques et, pour cette raison, elle est qualifiée de pseudo-science. »

 

 

Je pourrai aussi lui raconter les échecs des sourciers venus conseiller mon père pour creuser un puits (deux forages différents, bons à reboucher, alors que la commune fera un captage d’eau 100 m plus bas !). La bande de gamins que nous étions avait beaucoup ri en voyant un des sourciers « communiquer » avec son pendule pour donner la profondeur exact du puits (mais pas une goutte d’eau à cette profondeur, ni en dessous !).

 

 

Tout est donc à prendre avec des baguettes, … ou des pincettes : à vous de choisir !

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

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