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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 08:00

Après une bonne année durant laquelle j’ai moins participé aux travaux apicoles, j’ai repris le chemin du rucher avec plaisir.

 

Ce retour m’a fait sentir combien l’expérience sensorielle ne s’oublie pas et fait que le travail au rucher est un temps de réceptivité sensorielle très fort, pour le « jardinier d’abeilles »  comme dirait Henri.

 

Tous nos sens sont impliqués, même le 6ème !

 

À la vue, nous observons ce qui se passe au trou de vol : les entrées, les sorties, l’organisation des abeilles, celles qui « glandent » sur la planche d’envol car orphelines ou  celles qui attendent anxieusement, en battant le rappel,  le retour de leur reine partie pour son vol nuptial.

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Au sol, nous vérifions s’il n’y a pas de signes de mortalité ou des symptômes inquiétants comme : une couleur et une brillance anormales, une déformation des ailes ou des tremblements d’abeilles traînantes.  Au matin, nous observons le travail des nettoyeuses qui s’affairent à sortir de la ruche les déchets et les abeilles mortes au cours de la nuit. Nous avons eu ainsi une fois l’immense émotion d’assister à la sortie de la dépouille d’une reine, portée majestueusement par une dizaine d’abeilles procédant avec une douceur et une minutie dignes de funérailles royales.

 

Bien sûr, nous observons les sacoches de pollen que rapportent les butineuses : belles pelotes de pollen noir de coquelicots en ce moment.

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La grosseur des pelotes nous renseigne sur la présence de couvain ou non  à élever par la colonie.

 

À l’intérieur de la ruche, nos yeux se sont habitués à détecter les déplacements anormaux des abeilles sur les cadres. Une fébrilité inhabituelle des abeilles qui courent dans tous les sens peuvent nous alerter sur un éventuel orphelinage. Nous contrôlons aussi la construction des cadres, s’ils sont tous cirés, si les réserves sont suffisantes, s’il y a des cadres endommagés… L’observation du couvain est minutieuse : son aspect homogène, la présence de jeunes larves, la présence de cellules royales, la répartition  du couvain de mâles.

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Après plusieurs saisons de pratique, notre vue devient capable de repérer la reine parmi les milliers d’ouvrières même si elle n’est pas marquée, comme c’est le cas chez nous.

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J’aime aussi observer ce métissage qui fait que des abeilles noires deviennent au fil du temps bariolées comme des clowns en raison des mélanges génétiques qui sont intervenus au gré des rencontres.

 

Mais de tout cela, le spectacle des abeilles rentrant à la ruche au soleil couchant demeure le grand régal des yeux. 

 

Nos oreilles ne sont pas en reste non plus : les bruits de la colonie sont très riches d’informations à capter et comprendre : le bruissement d’une colonie qui travaille, le bruit « creux » d’une colonie dépeuplée, le bruit de climatisation des ventileuses qui assurent la bonne température à l’intérieur, le ronflement de la colonie riche en mâles et qui s’apprête à essaimer. Une musique très particulière que nous n’avons pas encore bien repérée : le chant des mères, au moment où celles-ci se renouvellent (à écouter sur un autre blog intéressant : http://www.passion-apiculture.com/article-2-elevage-des-reines-2013-le-chant-de-la-reine-des-abeilles-118323280.html ).

 

Le bruit d’hélicoptère de la gardienne qui vient pour nous piquer afin de protéger sa colonie de l’intrus est aussi très spécifique.

 

Mon bruit préféré, c’est quand tout est calme, le soir en période de butinage, et que le rucher ronronne comme une usine laborieuse. L’apaisement est total.

 

 

L’odorat est ce sens archaïque qui nous met en relation avec l’intimité profonde de la colonie.

 

Une colonie saine sent bon le miel, la cire et la propolis. Nous sommes à l’affût de mauvaises odeurs et redoutons d’avoir un jour à sentir l’odeur fétide, aigre ou l’odeur de colle de poissons  caractéristique des loques.

 

L’odeur de venin est forte et entêtante, quand très en colère, elles sont venues hérisser nos gants de leurs dards.

 

Bien sûr, l’odeur du miel est celle que préfère l’apiculteur. Avant même de voir les fleurs de châtaigniers épanouies, la ruche sent bon le châtaignier. Les abeilles nous renseignent en permanence sur l’environnement. L’odeur mentholée du miel de tilleul est reconnaissable facilement et je ne parle pas de  « l’odeur de pieds » typique du miel de sarrasin (qui n’a pas le goût de l’odeur, fort heureusement !).

 

Même s’il faut enfumer les abeilles pour travailler, nous limitons de plus en plus l’usage de la fumée, produite uniquement par la combustion de notre lavande séchée (voir article 46 - Enfumer à la lavande : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-46-enfumer-a-la-lavande-111019913.html ). Nous veillons  à  préserver notre muqueuse nasale d’une irritation trop importante.

 

 

Les sensations tactiles sont très différentes selon que l’on met des gants ou non. Nos mains nous renseignent notamment sur le poids des cadres de hausse lors de la récolte. Nous aimons bien les cadres bien lourds : plus de 2kg pour un beau cadre de hausse bien plein au bout des doigts !

 

Cire, propolis, miel collent tous aux doigts, mais pas de la même façon. Ancienne infirmière, je reste très attachée à l’hygiène des mains : laver mains, gants et lève-cadre entre chaque ruche visitée demeure une mesure prophylactique de base.

 

La sensation tactile la moins agréable : la piqûre ! Toutes les abeilles ne sont pas douces comme des « Buckfast ». Mes petites noires, les soirs de récolte, très fâchées de s’être fait vider leurs placards de provisions sont capables de nous infliger de cuisantes piqûres, dès notre arrivée. Et sur les oreilles, ça chauffe fort !

 

 

Je garde le meilleur pour la fin : le temps de la dégustation du précieux nectar transformé en miel.

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À chaque récolte, son miel. Un miel naturel n’a jamais le même goût d’une saison à l’autre. Il y a forcément des différences aromatiques selon la météo, les fleurs butinées, l’alchimie secrète des abeilles qui le travaillent (voir article 17-Comment les abeilles font le miel  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-17-comment-les-abeilles-font-le-miel-55021103.html ).

 

Tels des œnologues certains apiculteurs-goûteurs peuvent distinguer plusieurs dizaines d’arômes pour identifier la provenance et la composition d’un miel. Pour ce qui nous concerne, modestement, nous reconnaissons ce que nous connaissons déjà bien. Nos papilles sont parfois interpelées par une saveur inconnue. Quelle plante ou quel arbre a bien pu donner cette saveur au miel? Alors, nous cherchons dans notre environnement ce qui pourrait nous aider à identifier ce goût. Un autre sens peut nous y aider. Par exemple, si nous nous souvenons avoir entendu le bourdonnement des butineuses à la cime des grands chênes de la forêt (et c’est le cas en ce moment), nous pouvons plus clairement nommer cette tonalité « réglisse »,  propre au miellat de chêne.

 

 

La liste de toutes ces expériences sensorielles, pourrait être longue encore tant l’activité apicole de loisirs demeure une activité d’observation, de contact, de relation « physique » à l’abeille.

 

Et le 6ème sens alors ?

 

C’est celui de l’intuition, du ressenti, de cette impression qu’il se passe quelque chose, que l’atmosphère est particulière ce jour-là au rucher. En effet, un essaim part d’une ruche, va planer sur le pré et va rentrer quelques minutes plus tard à la maison  car la reine n’a pas pu suivre.   C’est encore une vague sensation d’une présence à côté de soi au jardin,  ni vraiment un bruit, ni vraiment une odeur. Mais en levant la tête, c’est un essaim qui pend sous la pergola !

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Ce 6ème sens est vraisemblablement la résultante d’expériences sensorielles multiples, répétées et qui, devenues inconscientes, vont aiguiller notre perception consciente venant ainsi nourrir notre présence à l’environnement que nous partageons avec les abeilles.

 

Merci de votre attention.

 

Un bonjour amical  tout particulier à tous les vittoziens d’ici et d’ailleurs qui nous lisent (voir : http://www.coaching-scolaire-vernet.fr/crbst_19.html et  http://www.vittoz-irdc.net/spip/Un-peu-d-histoire ).

 

 

Marie-France

 

 

 

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 07:45

Il aura fallu attendre le 6 juin pour faire, enfin, la récolte du miel de printemps.

Quelques belles journées ensoleillées ont permis aux abeilles de finir l’operculation de ce miel alors que les acacias commençaient à fleurir.

L’essaim « Buckfast », le plus fort, a déjà payé son loyer en donnant une hausse pleine de miel :

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Ces abeilles sont toujours aussi douces et adhérentes au cadre au point d’être obligé d’insister sur le balayage pour ne pas les emmener avec le miel.

 

Par contre, l’autre colonie, au développement plus lent, a essaimé et n’a pas donné de miel.

Donc, toutes « Buckfast » qu’elles sont, elles essaiment quand même.

Il semblerait que cela soit arrivé à d’autres apiculteurs. Ainsi un de nos lecteurs, que nous saluons amicalement au passage, a eu quatre de ses dix ruches qui ont essaimé (voir son blog : http://lerucherdebussy.overblog.com/un-petit-bilan-en-ce-début-juin ).

La tendance à l’essaimage a peut-être aussi été favorisée par ce printemps pourri qui a cloîtré les abeilles dans les ruches.

Mes essais d’une nouvelle méthode de rotation des cadres (voir article 52 : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-52-la-rotation-des-cadres-de-corps-117589283.html ) n’ont pas dû arranger les choses.

Car, s’il est dit traditionnellement qu’en mai il n’y a pas de risque dans ces manipulations, cette année, avec une météo catastrophique pour l’apiculture, il n’était pas judicieux d’improviser.

 

Au rucher de la Vallée de la Dême, avec ses abeilles « locales » hétérogènes, la récolte a été très variable d’une ruche à l’autre mais il y en a une qui nous a donné 18 cadres de miel, toute locale et probablement hybride qu’elle est !

Même si, globalement, la récolte de miel est beaucoup plus faible que les autres années, elle nous a bien contentés, tellement on s’attendait à pire encore.

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html   )

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 07:30

En regardant le nouvel emplacement de rucher que j’ai aménagé cet hiver à la Huberdière :

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je me suis dit que c’était une bonne occasion pour démarrer sur de nouvelles bases.

 

En pensant à notre petit-fils, que nous sommes déjà impatients d’initier à l’apiculture, et connaissant bien le caractère parfois « vif » de nos abeilles locales, j’ai été tenté par ces fameuses « Buckfast » réputées douces.

 

Mon choix va en faire hurler plus d’un, surtout après que je me sois permis de dénigrer ces bêtes d’élevage et de louer les défenseurs de l’abeille noire (voir à la fin de l’article 48 – « Est-il vrai que les abeilles sont malades ? » : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-48-est-il-vrai-que-les-abeilles-sont-malades-113229041.html )

 

Mais, comme pour les produits de traitements anti-varroa, j’aime bien expérimenter par moi-même les différentes possibilités pour pouvoir vérifier ce qui en est dit en général.

 

L’abeille « Buckfast » est issue des travaux du frère Adam de l’abbaye de Buckfast au début du XXième siècle( voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Buckfast et http://fr.wikipedia.org/wiki/Buckfast ). Il croisa plusieurs sous-espèces d’abeilles pour sélectionner les meilleures qualités de productivité, douceur, résistance aux maladies, …etc.

 

Voici l’arrivée des deux nouveaux essaims d’abeilles de compétition :

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Les ruchettes sont bien garnies : belles populations, plutôt calmes :

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Alors, lors du transfert dans leur grande ruche quelques jours plus tard, c’est l’occasion de travailler à mains nues, sans gants :

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C’est vraiment une belle sensation à vivre.

 

Déjà nos sens de la vue, de l’odorat et de l’ouïe étaient en effervescence chaque fois que nous intervenions sur les ruches mais le toucher apporte vraiment une dimension supplémentaire. Il oblige aussi à encore plus de douceur dans les manipulations et il apporte une dose d’adrénaline et de concentration supplémentaire.

 

Les abeilles sont restées bien calmes et bien sur les cadres (on parle de « bonne tenue au cadre » pour définir cette qualité en apiculture) mais je me suis quand même fait piquer une fois (maladresse de ma part ?).

 

Donc : ça beau être des « Buckfast », ça reste des abeilles !

 

Le couvain est magnifique (c’est une jeune reine) :

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En couvrant pratiquement la totalité d’un cadre,  il est conforme aux images vantant les qualités de cette abeille.

 

Nouveau rucher et nouvelles abeilles : maintenant il va aussi falloir choisir une nouvelle stratégie de conduite de ruches.

 

Je suis donc (enfin) décidé à procéder dès l’année prochaine par essaimage artificiel pour un bon renouvellement des colonies et des cadres et à intervenir un peu plus pour limiter les risques d’essaimage naturel sur ce rucher.

 

Mais, afin de vérifier qu’elles sont bien productives et peu essaimeuses, je n’interviendrai pas cette année et je ne mettrai pas de grille à reine.

 

En parallèle, nous pensons maintenir nos abeilles locales dans le rucher de la vallée de la Dême ce qui nous permettra un comparatif.

 

Il pourrait être intéressant de faire aussi un comparatif en partant d’abeilles noires sélectionnées car les nôtres se sont forcément hybridées et ne sont pas représentatives de cette race.

 

Mais dans l’environnement de nos ruchers il y a beaucoup d’autres ruches de toutes origines, il y aura donc toujours une hybridation non contrôlée.

 

Comme si cela était un bon présage de l’avenir que nous imaginons avec notre petit-fils, ce nouveau rucher a été inauguré par un autre enfant tout heureux de découvrir l’apiculture :

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P.S. : Je n’ai volontairement pas parlé de la météo pourrie que nous, et surtout les abeilles, subissons durant tout ce printemps (il a encore gelé ce matin) : pas la peine d’en rajouter à la sinistrose ambiante … dans les ruchers !

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

 

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Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 07:30

Il est fortement conseillé de renouveler régulièrement les cadres de corps de ruche pour éviter l’accumulation des résidus dans les cires (saletés, spores, bactéries, champignons, produits de traitement anti-varroa, … etc.).

 

Mais, sans méthode, entre la théorie et la pratique, il y a vite un grand écart : à la première visite de printemps on peut ne pas avoir le cœur à priver les abeilles d’un cadre ayant encore du miel ou du pollen malgré sa cire noire.

 

Et comme il est exclu de supprimer des cadres ayant du couvain, ces vieux cadres du centre dans lesquels la reine aime pondre vont s’encrasser et finir par casser lors d’une visite.

 

Il est pourtant préconisé de changer au moins deux cadres chaque année, et de préférence trois ou plus, mais il est rarement indiqué comment faire précisément pour le débutant.

 

De ce fait, nous avons très vite adopté une stratégie compatible avec nos compétences du moment et avec nos ruches (Dadant 10 cadres).

 

Voici comment nous pratiquons :

 

1°) À la visite de printemps nous retirons systématiquement les deux cadres de rive, même s’ils contiennent encore des réserves, mais en général les abeilles les ont vidés puis délaissés pendant l’hiver au point qu’ils peuvent moisir :

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Nous poussons tous les autres cadres sur un même côté et nous complétons l’autre côté par deux cadres de cire neuve.

 

2°) Lors d’une visite ultérieure (et au plus tard à la visite d’automne) nous décalons d’un cran tous les cadres, toujours dans le même sens, en passant le cadre de rive poussé à l’extérieur sur la rive opposée, avant les deux cadres neufs. On a ainsi les deux plus vieux cadres sur chaque rive, prêts à être supprimés au printemps suivant.

 

Dans l’exemple ci-dessous le décalage se fait de droite à gauche :

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C’est le cadre 1 qui va passer en 10 après décalage de tous les autres vers la gauche.

 

À l’époque de cette photo je mettais des punaises sur les nouveaux cadres pour repérer leur âge, c’est maintenant inutile depuis que le système est bien rôdé.

 

Il faut bien sûr noter dans son carnet le sens dans lequel on effectue cette rotation pour chaque ruche (le plus simple est de s’organiser pour faire toujours dans le même sens pour toutes les ruches) ou mettre une indication sur le toit.

 

 

 

Avantages de cette méthode :

 

Cette méthode est simple, accessible à tous et sans prise de risque pour les abeilles. On est sûr de changer 2 cadres par an (c’est déjà ça) et d’assurer une rotation complète des cadres sur 5 ans.

 

Les manipulations se font en même temps que les principales visites sans intervention supplémentaire.

 

Remarques :

 

Les cadres neufs étant d’abord placés en rive, ils ne sont pas toujours bâtis en fin de saison aussi nous n’attendons plus la visite d’automne pour faire la deuxième opération et la faisons maintenant en même temps que la récolte du miel de printemps, même s’il y a du couvain dans le vieux cadre déplacé d’une rive à l’autre.

 

Après avoir fait, au début, un peu au hasard la rotation dans un sens ou dans l’autre suivant comment cela se présentait dans chaque ruche, nous avons uniformisé la rotation au rucher de Marie-France de gauche à droite : pas de chance, je pense maintenant que nous aurions dû choisir l’autre sens. En effet, les ruches étant orientées sud-est, le nid à couvain est souvent situé du côté sud-ouest, plus ensoleillé. Il est peut-être préférable de faire la rotation des cadres de droite à gauche (quand on est derrière la ruche).

 

 

 

Inconvénients :

 

On ne change que 2 cadres.

 

Si la miellée de printemps est précoce et importante (comme en 2012, ce qui n’est vraiment pas le cas cette année), le nid à couvain peut se trouver encombré de miel avant que les nouveaux cadres ne soient bâtis, ce qui gêne la ponte de la reine et peut inciter à l’essaimage.

 

Par cette méthode, le nid à couvain est décentré et peut se sentir un peu coincé sur un côté : il ne peut plus s’étendre naturellement symétriquement, comme il le ferait spontanément, ce qui peut à nouveau inciter à l’essaimage surtout quand nous mettons une grille à reine avec la première hausse.

 

Les cadres neufs, éloignés du centre, servent d’abord principalement au stockage du miel et le couvain reste dans les plus vieux cadres.

 

 

 

C’est probablement pour ces raisons que les apiculteurs plus expérimentés ne pratiquent pas de cette façon.

 

L’Abeille de France (dans son numéro 1001 d’avril 2013) préconise d’introduire les cadres neufs en bordure de la zone de couvain, puis, quand ils sont bâtis, de les replacer au centre en poussant ainsi les vieux cadres de chaque côté de la ruche.

 

Est-ce en renouvelant ces opérations une autre fois que l’on peut ainsi remplacer 3 ou 4 cadres chaque année?

 

Afin de vérifier son intérêt, je pense passer à cette méthode pour les nouvelles colonies et je ne manquerai pas l'occasion de vous en parler l'année prochaine (voir la suite à l’article 63 : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-63-la-rotation-des-cadres-suite-123218948.html ).

 

Mais, finalement, ces deux méthodes n’ont qu’un seul but : pousser les vieux cadres vers la sortie !

 

Dans le genre "pousser les vieux cadres vers la sortie", dans d’autres domaines que l’apiculture, une pratique consiste à éclater les unités de production. Les apiculteurs font un peu la même chose avec l’essaimage artificiel qui permet l’introduction de nombreux "jeunes cadres", mais ça c’est une autre histoire pour un autre article du blog…

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

 

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Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html   )

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 07:55

Le 15 avril nous avons enfin pu faire la visite de printemps avec trois semaines de retard par rapport à d’habitude.

 

Mais la nature et surtout les abeilles ont aussi trois semaines de retard dans leur développement.

 

Nos observations précédentes des activités au « trou de vol » ont été confirmées : toutes les colonies ont survécu et elles ont toutes du couvain d’ouvrières (de 4 à 6 cadres sauf une qui n’en a que 2 petits cadres).

 

Donc, une nouvelle fois, pas de mortalité hivernale bien qu’un doute subsiste sur l’avenir de la plus faible.

Globalement, les réserves de miel et de pollen sont à plat : il était temps que le soleil arrive.

 

Parmi les bonnes surprises :

 

 

 

- la ruche qui présentait un taux d’infestation varroas record (voir article 49 – Comptages varroas hiver 2012-2013 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-49-comptages-varroas-hiver-2012-2013-114876509.html ) a survécu et a 4 cadres de couvain.

 

Le traitement hivernal à l’acide oxalique l’a probablement sauvée.

 

 

 

- un essaim tardif capturé en août 2012 a aussi passé l’hiver dans sa ruchette légère 6 cadres et nous avons pu l’enrucher avec ses 4 cadres de couvain.

 

Nous l’avions bien nourri en fin d’été avec du sirop, puis, durant tout l’hiver, avec de l’APIFONDA® à volonté.

 

 

 

- la ruche « malade » (nous ne disons plus « douteuse » depuis que nous avons eu le résultat des analyses !) a aussi survécu mais présente toujours les mêmes symptômes : nous lui consacrerons un article spécial après la visite sanitaire prévue au printemps dans le cadre de l’étude d’épidémiosurveillance (voir article 48 – Est-il vrai que les abeilles sont malades ? http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-48-est-il-vrai-que-les-abeilles-sont-malades-113229041.html )

 

 

 

- La ruche traitée au thymol (APILIFE VAR® cette année) et acide oxalique est en pleine forme avec 6 cadres de couvain (mais c’est la FERRARI !) dont déjà du couvain de mâles : gare à l’essaimage !

 

 

 

Cette visite de printemps, moment clé de la saison apicole, a été l’occasion d’initier des amis, nouveaux apiculteurs, qui n’avaient pas pu voir l’ouverture des ruches au rucher-école à cause du froid.

 

C’est aussi émouvant pour nous de voir les hésitations, les angoisses du débutant à sa première manipulation des cadres : cela nous rappelle aussi nos premières émotions.

 

Bravo à Martine qui a surmonté tout ça et débute une grande carrière : elle a eu droit à la colonie la plus agressive habituellement. C’était involontaire ("qu’il dit !"), mais finalement ce n’est pas plus mal de commencer par le grand bain : ne jamais oublier que les abeilles sont encore des animaux sauvages, … ou presque.

 

Photo souvenir pour elle :

 

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Merci de votre attention, et … à bientôt sur :              

 

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Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html   )

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 07:30
C’est la première fois que nous n’arrivons pas à faire la visite de printemps en mars.
 
Il fait trop froid pour se permettre d’ouvrir les ruches et d’observer en détail chaque cadre.
 
Seuls un ou deux après-midis ont vu la température approcher les 15° mais cela aurait été dommage d’empêcher les abeilles d’en profiter pour faire leurs besoins et pour récolter rapidement un peu de pollen frais.
 
Alors, à nous aussi de profiter de ces rares moments pour observer les activités au « trou de vol » (= à l’entrée de la ruche) et avoir une idée de ce qui se passe à l’intérieur.
 
À ce jour, nous sommes rassurés : toutes les ruches sont vivantes et rentrent de belles pelotes de pollen, signe d’élevage de couvain.
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Nous pouvons même assister aux beaux soleils d’artifice des jeunes abeilles pressées de faire leur premier vol (voir article 8 – Le soleil d’artifice  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-8-le-soleil-d-artifice-ou-comment-les-abeilles-retrouvent-leur-ruche-47368860.html ) :



Mais ce n’est pas le cas pour d’autres apiculteurs qui constatent déjà des disparitions avec des ruches contenant pourtant encore beaucoup de miel.
 
Il est possible qu’il s’agisse de colonies faibles qui se sont retrouvées « scotchées » sur le couvain pour le chauffer en formant une grappe compacte et hors d’atteinte des réserves de miel plus loin dans la ruche.
 
Pour anticiper ce risque, au vu des prévisions météo, nous les avions nourries  tout début mars bien que les pesées montraient qu’elles disposaient encore de réserves correctes (voir article 3 – Vous pesez les abeilles !?   http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-3-vous-pesez-les-abeilles-44509996.html ).
 
Pour cela nous avons utilisé les sachets de miel et cire que nous avions stockés au congélateur lorsque nous nous étions fait prendre par la cristallisation d’un miel de printemps dans les hausses (voir article 13 – Gelées noires et miel de printemps : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-13-gelees-noires-et-miel-de-printemps-galere-50837609.html ).
 
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Coupé en deux, nous le posons directement sur les cadres pour qu’il soit immédiatement à disposition des abeilles.
 
En le glissant rapidement sous le plastique, le froid ne rentre pas trop dans la ruche, mais la photo est moins belle :          
 
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(P.S. : Si le plastique n’est pas très écolo, et pas du tout bio, il nous est très utile pour observer l’intérieur de la ruche sans les déranger ni les refroidir)
 
Avec le retour des gelées et à nouveau de mauvaises prévisions météo, nous venons de renouveler cette opération pour les ruches qui avaient mangé toute leur ration.
 
 
 
En attendant de pouvoir intervenir sur l’intérieur des ruches, j’ai fini de préparer le nouvel emplacement pour le rucher de la Huberdière.
 
Cet hiver j’avais aménagé une clairière en lisière du bois.
 
Sa seule ouverture est en direction du sud-est pour être bien protégée des vents dominants de sud-ouest ou ouest qui nous ont pénalisés toute l’année 2012.
 
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Cette fois, j’ai adopté une disposition en ligne droite : ce n’est pas l’idéal pour le phénomène de dérive mais c’est tellement plus pratique pour nous : on peut travailler sur une ruche en étant toujours derrière toutes les autres et on peut facilement faire des petites visites au rucher en passant derrière les ruches.
 
Entre chaque emplacement, j’ai laissé un espace de l’ordre de 70 cm pour pouvoir, au besoin, facilement intercaler une ruche en préparation d’une fusion par exemple.
 
Comme d’habitude, j’ai aussi préparé plus d’emplacements que le nombre de ruches prévu à la Huberdière pour ne pas avoir à improviser au dernier moment quand on a un essaim à caser : et tant pis si, en cas de visite sanitaire, on peut penser que j’ai caché des ruches.
 
En effet, comme les assureurs qui commencent par recompter et mesurer nos pièces avant de regarder notre dégât des eaux (afin de vérifier que nos cotisations sont en phase avec notre maison), les services sanitaires vérifient aussi l’exactitude de la déclaration de rucher avant de prendre en charge les frais d’analyse et d’intervention d’un spécialiste pouvant nous aider en cas de mortalité suspecte.

C’est normal puisque ces frais, non négligeables, sont couverts par la collectivité.
 
 
 
Merci de votre attention, et … à bientôt sur :              
 
 
Henri
 
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 10:33

Comme à chaque fois après le traitement à l’acide oxalique (effectué cette année le 08/12/2012) nous avons fait les comptages de chutes de varroas.

Voici les résultats observés au rucher de la vallée de la Dême :  


Ruche 08/12 11/12 12/12 15/12 18/12 20/12 Total 12j
n° 201 A.O. 151 35 62 30 11 289
n° 207 A.O. 76 16 28 17 6 143
n° 208 A.O. 19 10 13 5 2 49
n° 209 A.O. 3 1 4 1 0 9
n° 210 A.O. 32 4 5 7 2 50

   
       

Il est intéressant de comparer ces chiffres aux taux d’infestation trouvés par l’étude d’épidémiosurveillance (voir article 48 – Est-il vrai que les abeilles sont malades ? http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-48-est-il-vrai-que-les-abeilles-sont-malades-113229041.html ) sur les 300 abeilles prélevées dans chaque ruche :  

  

Ruche % infestation Total 12 j
n° 201 12,5 % 289
n° 207 2,9 % 143
n° 208 2,2 % 49
n° 209 0,6 % 9
n° 210 0,6 % 50


     
 
Les résultats sont globalement cohérents même si des pourcentages d’infestation proches donnent des chutes de varroas assez différentes (0,6 % sur deux ruches donnent 9 varroas sur l’une et 50 sur l’autre) (2,2 % donnent 49 varroas et 2,9 % donnent 143 varroas).

On pourrait aussi se dire qu’avec un même taux d’infestation, il doit tomber plus de varroas d’une ruche plus populeuse mais en regardant le nombre d’inter-cadres occupés lors du traitement à l’acide oxalique :

       
  

Ruche % infestation Total 12 j Nb inter-cadres occupés
n° 201 12,5 % 289 8
n° 207 2,9 % 143 8
n° 208 2,2 % 49 9
n° 209 0,6 % 9 8
n° 210 0,6 % 50 6




c’est l’inverse pour les deux ruches à 0,6 % d’infestation.

À noter que les prélèvements pour analyse ont été faits après 5 semaines de traitement APIVAR® alors que le traitement à l’acide oxalique a été fait bien après le retrait des lanières (laissées en place 8 semaines seulement car j’en étais resté aux 2 mois anciennement préconisés alors que maintenant il est préconisé de les laisser 10 à 12 semaines).

À noter aussi que la méthode de détermination du taux d’infestation par prélèvement d’abeilles ne s’intéresse qu’aux varroas phorétiques (*) mais pas aux varroas présents dans les cellules de couvain ou qui tombent naturellement, alors que nos comptages de chutes de varroas après A.O. ont lieu, a priori, hors couvain.


(*) phorétiques = présents sur les abeilles, de « phorésie » aptitude de certains animaux à se faire transporter par d’autres (voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Phor%C3%A9sie  ) 


D’après l’Abeille de France n°997, l’acide oxalique par dégouttement d’une solution sucrée agirait par voie topique et non par ingestion, c’est donc une action mécanique par frottement des abeilles dans la grappe qui ferait tomber les varroas et non par trophallaxie et le passage dans l’hémolymphe.

De ce fait, les quantités de varroas tombés après traitement seraient-elles dépendantes des qualités de nettoyage des abeilles de chaque colonie, ce qui pourrait alors expliquer le phénomène constaté entre les deux ruches infestées à 0,6 % : à vérifier.

 

 Ces chiffres nous disent plusieurs choses :

- Encore une fois, l’utilité du traitement hivernal supplémentaire vu le nombre important de varroas sur plusieurs ruches.

 

- Pourquoi une ruche (n° 201) est beaucoup plus infestée que les autres ?

À l’origine c’est un essaim piégé dans l’année.

Plus les colonies sont infestées de varroas, plus elles essaiment, donc en récupérant ces essaims on prend le risque de récupérer aussi les souches les moins intéressantes.

C’est aussi pour cela qu’il est conseillé de traiter les essaims dès leur capture, ce que nous n’avons pas fait cette fois-là : la ruchette-piège étant placée dans notre rucher, il semblait évident qu’elle avait récupéré un essaim venant d’une de nos colonies.

Nous avons appris récemment qu’il y avait d’autres ruches proches de notre rucher qui ne faisaient l’objet d’aucun traitement anti-varroa : il n’est pas impossible que cet essaim en vienne et … nous ait piégés !

 

- Globalement, il y a plus de varroas que l’année dernière.

Avec la mauvaise météo de 2012 et le retard de la floraison des tournesols, nous n’avons fait la dernière récolte et donc le début du traitement anti-varroa que fin août au lieu de fin juillet.

Un seul mois d’écart peut sembler anodin mais ce n’est pas le cas car les populations de varroas explosent à partir de début juillet alors que les populations d’abeilles décroissent.

 

Quant au traitement au thymol fait à la Huberdière (avec APILIFE-VAR® cette année) : les chutes de varroas après l’acide oxalique sont dans la lignée de ce que nous avons eu les autres années avec APIGUARD®, et donc toujours supérieures à celles du rucher traité avec APIVAR® (voir article 38-Comptage varroas hiver 2011-2012 :  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-38-comptage-varroas-hiver-2011-2012-96163665.html ).

 

En espérant que la météo sera plus généreuse en 2013 pour les apiculteurs et …. Bonne Année à vous tous.

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

Henri

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html   )

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:00

Cette question nous est souvent posée : avec de l’inquiétude pour la survie de cet insecte bien sympathique mais aussi de l’inquiétude pour l’avenir de l’Homme.

 

La question est simple et il est souvent attendu une réponse simple du genre :

 

« Oui, avec tous ces pesticides ce n’est pas étonnant ! »

 

ou :

 

« Oui, il y a des mortalités importantes mais nos abeilles, si bien soignées, n’ont pas de problèmes. »

 

En fait j’ai toujours un peu de mal à répondre simplement et rapidement à cette question d’autant que mon contexte : apiculteur amateur depuis seulement 8 ans, ne me permet pas de parler en termes de généralités sur la santé de l’abeille.

 

Je peux juste faire part de ce que j’ai constaté dans mon petit rucher situé en Touraine, dans un secteur où il existe une belle proportion d’espaces sauvages (forêts, bosquets, ronciers …) par rapport  aux espaces cultivés (principalement : céréales, colza et tournesol mais pas d'arboriculture, pas de viticulture et très peu de maïs).

 

 

Maladies et problèmes rencontrés :

 


Varroa

BLOG2001

 

 

 

Cet acarien, parasite des abeilles, est présent dans toutes les ruches. Il affaiblit les abeilles et est la cause d’une cohorte de maladies désignée sous le terme de varroase (il paraît qu’on devrait dire « varroose »).

 

(Voir article 20 - Varroa Destructor :  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-20-varroa-destructor-57711356.html )

 

 

 

Ailes déformées :

 


BLOG3703

 

Cette maladie virale est grandement favorisée par le varroa. Elle touche les ruches les plus atteintes par le varroa, en été, quand la population de varroas est à son maximum avant les traitements.

 


Maladie noire :

 

Je me souviens bien de la date : c’était le 11 septembre 2006 (encore un coup d’Al-Qaïda ?) : le matin tout va bien au rucher, mais, l’après-midi, très forte mortalité au pied d’une ruche (une seule, pas les autres qui continuent de butiner normalement) et  beaucoup de batailles sur la planche d’envol.

 

En regardant de plus près, je vois que ce sont les abeilles nettoyeuses qui sortent de la ruche des abeilles malades tremblantes qui finissent de mourir au pied de la ruche.

 

J’en réfère à des apiculteurs expérimentés  qui me conseillent de faire une déclaration aux services sanitaires, ce que je fais immédiatement.

 

L’agent sanitaire a tout de suite pensé à la maladie noire qu’il connaissait bien pour l’avoir déjà observée et  les analyses en labo ont confirmé l’hypothèse.

 

Ayant beaucoup lu au sujet de cette maladie, je confirme aussi que tous les symptômes constatés lui correspondaient bien malgré les soupçons d’intoxication que continue d’avoir un ami apiculteur.

  

 
Abeilles traînantes :

 

Des abeilles qui traînent dans les herbes au lieu de voler pour rentrer dans la ruche, c’est un symptôme de plusieurs maladies, dont la paralysie chronique (maladie virale), mais sa périodicité (printemps et fin d’été) peut aussi faire penser à la nosémose provoquée par une microsporidie (Nosema apis).

 

D’après les études de l’INRA d’Avignon, la nosémose entrerait en interaction avec certains pesticides.

 

     

Couvain plâtré :

 

Cette maladie causée par un champignon (Ascophaera apis) se manifeste par des larves éjectées de la ruche par les abeilles, ayant la consistance du plâtre.

 

Je n’ai observé cette maladie qu’épisodiquement sur des ruches faibles et  pratiquement plus depuis que j’utilise des planchers aérés car l’humidité est un facteur favorisant.

 

Le problème se réglait tout seul, soit après un changement de reine, soit par la disparition de la colonie dans l’hiver.

 

 

 

Orphelinage :

 

C’est le problème qui nous génère le plus de pertes de colonies. Alors que nous n’avons que 0 à 10 % de pertes hivernales, nous avons ensuite près de 20 % de pertes suite à des essaimages.

 

Ce qui veut dire que la dernière jeune reine n’a pas réussi à revenir de son vol nuptial.

 

 (Voir article 15 - Ruche orpheline … ou pas ? :  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-15-ruche-orpheline-ou-pas-52686832.html )

 

Les causes peuvent être multiples (accident de vol comme, par exemple : être mangée par un oiseau, malformation des ailes …etc.) mais on peut aussi penser aux phénomènes de désorientation que provoquent certains pesticides sur les abeilles et les empêchent de retrouver leur ruche.

 

Des butineuses qui se perdent, cela passe inaperçu (sauf pour la quantité de miel récolté), mais une reine qui se perd pendant son vol nuptial : c’est la mort de la colonie.

 

Les anciens disent qu’il y a plus d’orphelinages qu’avant, mais « avant » c’était aussi avant l’arrivée du varroa qui provoque plus d’essaimages donc plus de risques d’orphelinage.

 

(Voir article 34 - Essaimage naturel : problème ou solution ? :  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-34-essaimage-naturel-probleme-ou-solution-78870572.html )

 

 

 

Reine stérile :

 

Cette année, j’ai eu le cas d’une jeune reine stérile. C’est la première fois que cela arrivait, mais j’ai appris que  d’autres apiculteurs avaient aussi eu ce problème cette année.

 

On pense en priorité à une conséquence de la mauvaise météo qui a empêché les jeunes reines de faire leur vol nuptial dans leur courte période de fécondité : à confirmer les années suivantes qu’il ne s’agissait bien que d’une question de météo.

 


Fausses teignes :

 

Nous n’avons constaté l’invasion d’une ruche par cette chenille que sur des colonies déjà en perdition. Les colonies fortes savent évacuer les œufs de ce papillon.

 

(Voir article 22 - Fausses teignes mais vrais ou faux problème ? : http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-22-fausses-teignes-mais-vrais-ou-faux-problemes-59148466.html  )

 

 

 

Intoxication :

 

Printemps 2008 : belle activité sur toutes les ruches de la Huberdière mais, d’un coup, de la mortalité au pied de toutes les ruches et beaucoup de bagarres sur les planches d’envol.

 

En regardant de plus près, je me rends compte que ce sont les gardiennes qui empêchent les butineuses de rentrer dans la ruche.

 

Il fait soleil, les colzas sont en fleur et un agriculteur est en train de pulvériser un produit qu’il dit n’être qu’un fongicide.

 

Son fournisseur de produits phytosanitaires me confirme le produit utilisé et ne comprend pas qu’il puisse provoquer un problème.

 

Au bout de quelques jours, la mortalité va s’arrêter mais j’aurai perdu une génération de butineuses (les abeilles ne sont butineuses que dans les derniers jours de leur existence : c’est le métier à plus haut risque). Ensuite, les ruches reprendront lentement leur développement.

 

Pour me rassurer sur la qualité du miel que nous consommons, je l’ai fait analyser mais aucun des pesticides recherchés ne sera signalé (… selon les doses admissibles de l’AFSSA), ce qui n’est pas étonnant puisque les abeilles intoxiquées sont éliminées par les gardiennes avant qu’elles ne rentrent le poison.

 

Ayant fait un peu de bruit autour de ce problème, il ne se reproduira plus les années suivantes, même quand l’agriculteur continuera de traiter le colza en floraison en plein soleil (on préfère quand même qu’il traite tard le soir ou la nuit, quand les abeilles sont rentrées au bercail, son traitement serait aussi plus efficace plutôt que de s’évaporer en pleine chaleur).

 

J’aurai juste droit à des menaces verbales de représailles de la part d’un vieil agriculteur du coin qui ne supportait pas l’idée que je puisse faire des analyses.

 

Plus tard des langues se délieront et j’apprendrai qu’il avait probablement mélangé un restant d’insecticide au fongicide : pratique totalement interdite depuis plusieurs années.

 

 

Les autres problèmes classiques auxquels nous avons échappé ... pour l'instant : 

 


Diarrhée :

 

Ce symptôme peut signifier plusieurs maladies comme la nosémose. Mais la nosémose  peut aussi être présente sans diarrhée.



Loque européenne :
  

Maladie du couvain d'origine bactérienne se manifestant par un couvain en "mosaïque", des larves de consistance aqueuse mais moins élastique que dans le cas de la loque américaine, et sentant moins mauvais.

 

 

Loque américaine
 :

 

Maladie du couvain causée par une bactérie présente sous forme de bacille (croissance et multiplication) et sous forme de spores (résistance).

 

Maladie réputée contagieuse.

 

Est-ce qu’elle a été appelée ainsi parce qu’elle provoque des larves d’un aspect chewing-gum (mais sentant mauvais : donc pas à la menthe ni à la chlorophylle)?

 


Couvain sacciforme :

 

Encore une maladie virale.

 


CCD (Colony Collapse Disorder) :

 

Effondrement brutal d’une colonie, comme si elle avait complètement déserté la ruche.

 

Phénomène affectant de nombreuses colonies aux Etats-Unis mais aussi signalé en France (notre ami Jacky pense avoir eu un cas de ce type).

 

On suspecte une chute des défenses immunitaires de l’abeille face aux virus, champignons et acariens, en lien avec les pesticides et/ou le stress de colonies surexploitées par des transhumances sur de longues distances pour pollinisation.

 

     

Frelon asiatique :

 

Il est déjà présent dans des villages environnants.

 

On craint d’avoir à en parler dans notre blog dès l’année prochaine.

     

 

Et pourtant, malgré tout ça, nous récoltons quand même du miel (certes plus difficilement quand la météo s’en mêle comme cette année).

 

La plupart de nos colonies survivent  à l’hiver et fonctionnent (vivent, récoltent miel et pollen, élèvent du couvain en grand nombre, se reproduisent en essaimant) sans qu’on ait besoin de les doper à coup de nourrissements importants ou autres apports étrangers à la ruche en dehors des traitements anti-varroa.

 

Donc : Oui, il existe des maladies chez les abeilles, mais peut-on dire que  les abeilles sont malades ? 

 

Pour répondre à cette question,  nous avons accepté d’être volontaires pour participer au programme européen d’épidémiosurveillance portant, en France, sur 6 départements.

 

Pour l'Indre et Loire, 66 ruchers feront l'objet de 3 visites sanitaires (automne, printemps, été) avec prélèvements et analyses des abeilles.

 

Ayant dû me séparer de plusieurs ruches à la Huberdière pour alléger nos colonnes vertébrales,  c’est le rucher de Marie-France à la vallée de la Dême qui sera étudié et ça tombe bien car c’est généralement le plus infesté en varroas.

 

La première visite a eu lieu le 27/09/2012 et a été menée par une vétérinaire spécialiste de l’abeille et un agent sanitaire du secteur.

 

Après avoir observé le comportement extérieur des abeilles et prélevé quelques abeilles mortes au pied de certaines ruches ou traînantes dans les herbes, ils étudient chaque ruche, cadre par cadre, pour évaluer les réserves (miel et pollen) et le couvain.

 

Un prélèvement de 300 abeilles proches du couvain est fait systématiquement sur chaque ruche : ça me fait un peu mal au cœur de voir ainsi les colonies amputées d’une partie de leur effectif alors que l’hiver approche mais c’est pour les besoins de la science !

 

Devant ma crainte de voir aussi la reine emportée dans le prélèvement, la vétérinaire prend le temps de la rechercher et de la mettre en cage pour me rassurer :

 

BLOG4801

 

Les cadres de couvain sont étudiés de près :

 

BLOG4802

 

Des prélèvements de larves sont effectués et bien que les lanières soient en place depuis 5 semaines, on trouve encore des varroas sur elles :

 

BLOG4803

 

Le traitement hivernal sera encore une fois nécessaire (voir article 38-Comptage varroas hiver 2011-2012 :  http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-38-comptage-varroas-hiver-2011-2012-96163665.html )

 

Du couvain est aussi prélevé sur une ruche douteuse pour être analysé (loque européenne ou couvain sacciforme ou simplement varroose ?).

Ruche douteuse, mais ayant quand même donné plus de 20 kg de miel malgré une météo défavorable et un essaimage, elle est encore très populeuse avec 9 intercadres occupés lors du traitement hivernal : à suivre.

 

Nous devrions bénéficier du résultat des analyses effectuées sur notre rucher ainsi que du résultat global de cette étude épidémiologique sur notre département.

 

Dommage qu’il n’y ait pas de recherche de pesticides dans le miel et le pollen stockés.

 

En espérant que toute cette étude n’a pas pour seul but de mettre en avant un message, déjà entendu, mettant en cause uniquement le varroa et les apiculteurs et relativisant l’impact des pesticides.

 

La vétérinaire présente disait surtout que tout n’est qu’une question d’équilibre.

 

Mais justement, le problème c’est que les facteurs de déséquilibre se multiplient (varroas, pesticides, frelons asiatiques, monocultures intensives, pertes de biodiversité, cultures OGM en plein champ … etc.).

 

D’ailleurs, que diraient nos amis médecins lecteurs du blog si on leur posait la question : « Est-ce que l’Homme est malade ? ».

 

Et que trouverait-on en analysant toutes les bactéries, virus, spores, présentes dans l’organisme d’un athlète en pleine forme ?

 

Si l’Homme moderne était privé de toute la panoplie de soins médicaux : survivrait-il plus longtemps que l’abeille ?

 

Sauf si, d’ici là, l’Homme transforme totalement l’espèce animale « Abeille » en une bête d’élevage dénaturée à force de sélections, voire de mutations.

Comme mes gélines de Touraine : si belles, si bonnes pondeuses et à la chair si délicieuse mais incapables de couver correctement et d'élever le moindre poussin, donc incapables de survivre sans l'Homme.

BLOG4804

 

Il y a depuis quelques années une forte incitation à la professionnalisation de l’apiculture qui impose, de fait, ce type de recherches pour permettre de meilleurs  rendements en travaillant avec des abeilles qui ne piquent pas, qui n’essaiment pas, qui produisent beaucoup : on insémine et on change artificiellement les reines au moins une à deux fois par an …etc.

 

On entend même parler de futures abeilles génétiquement modifiées !

 

Vraiment, les dangers viennent de partout pour les abeilles.

 

L’hypermédiatisation de l’abeille et de ses problèmes est utilisée à toutes les sauces, certaines écologiques, d’autres purement commerciales ou publicitaires, mais on peut se demander si elle ne va pas être aussi utilisée pour justifier de nouvelles pratiques ou réglementations apicoles dans le seul intérêt de certains groupements ou firmes.

 

Nos syndicats défendant toutes les formes d’apiculture (dont les amateurs) ont déjà bien du mal à se faire entendre des pouvoirs publics par rapport à une petite poignée de grands apiculteurs professionnels.

Ce rapport de force va encore s'accentuer avec les besoins en pollinisateurs de certaines cultures prêtes à payer des insectes spécialisés à usage unique (voir, par exemple, la culture des amandiers aux États-Unis).

Quand on s'inquiète de la santé des abeilles, il faut savoir si l'on s'inquiète d'une sauvegarde de la biodiversité en s'intéressant aussi à tous les insectes pollinisateurs, ou si l'on s'inquiète seulement de la productivité de certaines entreprises agricoles.

L'idéal serait de chercher des solutions qui concilient et optimisent les deux aspects.

                                

Merci aux agriculteurs qui respectent les protocoles d'utilisation des produits phytosanitaires et qui n'hésitent pas à proposer des emplacements permanents pour des ruches sur leurs exploitations (Merci à Odile et Éloi).

Merci aux agriculteurs et apiculteurs bio qui explorent d'autres voies.

Merci à tous ces passionnés, amateurs et professionnels, qui œuvrent pour la sauvegarde de l'abeille noire locale (Merci aux Amis des Abeilles www.lesamisdesabeilles.fr ).

Merci à vous d'avoir lu cet article jusqu'au bout et de vous soucier de l'avenir des abeilles.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous.
 

Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html   )

 

 

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 07:45
     
Une bonne gelée nocturne puis une matinée calme et ensoleillée : c’était un bon moment pour faire le grattage des cadres de hausse et la récolte de la propolis.

Notre ami Christian, futur apiculteur, en a profité pour faire une vidéo  de cette opération.

Bien sûr c'est sans intérêt pour les apiculteurs habitués à gratter les cadres, sauf pour repérer les erreurs du commentaire pris en direct ou les fautes de langage (comme « anti-bactéricide » au lieu de « antibactérien » ou « bactéricide » tout court).

Désolé aussi pour le ton professoral : j’ai du rater ma vocation !!!

En voici quelques morceaux choisis (vous pouvez passer à la vidéo suivante sans attendre la fin de la pub ajoutée en fin de vidéo par l'hébergeur (rançon de la gratuité de l'outil)) :

La récolte de la propolis (2'15'') :
 
    


Des explications complémentaires (0'47'') :
 


Le contrôle des cadres de hausse (0'50'') :
   


Pour en savoir plus sur la propolis et ce que nous en faisons, vous pouvez vous reporter à l’article n° 24 « La propolis » http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-24-la-propolis-62735987.html

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

Henri

 
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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 06:43

Nous décorons les allées du jardin avec différentes sortes de lavande :

BLOG4601

 

Les abeilles, les bourdons, les papillons et d’autres insectes en profitent largement pendant la floraison :

 

BLOG4602

 

La lavande officinale (lavandula officinalis), au parfum si prononcé, semble la plus visitée mais ce n’est pas la plus flatteuse d’apparence et plusieurs jeunes plants n’ont pas résisté au coup de froid de l’hiver dernier.

 

Fin septembre, quand toutes les lavandes sont complètement défleuries, j’en récolte de beaux bouquets :

 

BLOG4603

 

Quelques-uns iront en décoration intérieure ou en sachets odorants pour parfumer le linge de maison mais tous les autres vont être mis à sécher pour l’apiculture.

 

Une fois hachée, manuellement au sécateur ou mécaniquement au broyeur, la lavande va nous servir de combustible pour l’enfumoir.

 

Une bonne poignée au fond de l’enfumoir :

 

BLOG4604

 

Un coup de chalumeau pour aller plus vite :

 

BLOG4605

 

(Avec le chalumeau, il vaut mieux faire attention aux longs cheveux et ne pas le manipuler avec la voilette, souvent en synthétique facilement inflammable.)

Une fois que c’est bien enflammé, je rajoute de la lavande, d’abord sans la tasser pour que ça prenne bien :

 

BLOG4606

 

Et quand c’est bien pris :

 

BLOG4607

 

je tasse et je complète, toujours en tassant bien :

 

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Et voilà un enfumoir prêt pour le travail avec une belle fumée, légère et non irritante. C’est beaucoup plus agréable pour nous.

BLOG4609

Pour ce qui est des abeilles, bien que la lavande ait des vertus calmantes, la fumée reste toujours un stress pour elles et je ne voudrais pas faire croire que la fumée de lavande les calme mieux que d’autres mais au moins on est sûr qu’elle ne contient que des éléments naturels.

 

Petit rappel pour les jeunes lecteurs : ce n’est pas la fumée qui soigne les abeilles mais c’est elle qui les empêche de nous piquer et nous permet ainsi de pouvoir nous occuper d’elles (… et leur voler leur miel lors des récoltes) (voir article n°6 « Mais pourquoi enfumez-vous donc les abeilles »   http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-6-mais-pourquoi-enfumez-vous-donc-les-abeilles-45869248.html ).

 

La lavande hachée n’est pas aussi dense que les granulés compressés, aussi il est plus pratique d’avoir un enfumoir de grande capacité.

 

En le rechargeant et tassant une ou deux fois, on peut s’occuper facilement d’un petit rucher de moins de 10 ruches. C’est ainsi que nous faisons maintenant l’économie des combustibles proposés pour l’apiculture.

 

Comme il doit exister au moins autant de recettes d’enfumoir que d’apiculteurs, c’est avec plaisir que nous recevrons vos commentaires pour nous faire partager vos trucs et astuces sur le sujet.

 

Merci de votre attention, et … à bientôt sur :

 

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Henri

 

(Remerciements et Bibliographie : voir l’article n° 0 http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/article-0-remerciements-et-bibliographie-43600752.html )

 

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Découvrez la Loire à bord du Saint-Martin-de-Tours, la richesse de ses paysages, de sa faune et des inspirations littéraires qu'elle a suscitées.
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